Bac et brevet 2026 : les épreuves annulées dans plusieurs pays du Proche et Moyen-Orient et au Mali

## L'essentiel Le ministère de l’Éducation nationale a récemment annoncé l’annulation des épreuves du baccalauréat et du brevet des collèges pour l’année 2026 d
L'essentiel
Le ministère de l’Éducation nationale a récemment annoncé l’annulation des épreuves du baccalauréat et du brevet des collèges pour l’année 2026 dans plusieurs pays du Proche et Moyen-Orient, ainsi qu'au Mali. Cette décision, motivée par des situations locales spécifiques, soulève des questions sur l’impact de ces annulations sur les élèves concernés et sur le système éducatif dans son ensemble.
Selon un communiqué officiel relayé par Sud Ouest, cette mesure vise à répondre à des contextes locaux jugés trop instables ou problématiques pour la tenue d’examens nationaux. Les raisons évoquées incluent des conflits armés, des situations de crise humanitaire, ainsi que des difficultés logistiques et sécuritaires qui rendent l’organisation des examens impossible. Dans des régions où l'accès à l'éducation est déjà précaire, ces annulations pourraient aggraver la situation des élèves.
Cette annulation des examens dans plusieurs pays du Proche et Moyen-Orient et au Mali rappelle, à une autre échelle, les défis logistiques et sécuritaires que peut rencontrer le système éducatif, comme l'illustre notre article sur les projets de la SNCF en Bretagne où les questions de mobilité et d'accessibilité sont centrales.
Dans le détail, les pays touchés par cette décision incluent des zones en proie à des tensions politiques et sociales, mais également des pays qui luttent contre des crises économiques et sanitaires. Par exemple, dans certaines régions du Yémen et de la Syrie, les conflits armés rendent les déplacements et la concentration des élèves très difficiles, ce qui pourrait expliquer cette annulation. Au Mali, la situation sécuritaire, marquée par des attaques répétées et une instabilité politique, a également conduit à cette décision.
Les conséquences de cette annulation sont multiples. D’une part, les élèves concernés pourraient se retrouver dans une situation d’inégalité face à l’éducation. Les examens, souvent considérés comme un rite de passage, sont cruciaux pour l’avenir académique et professionnel des jeunes. Leur absence pourrait également créer un vide dans le parcours éducatif, rendant plus difficile l’intégration des élèves dans le système éducatif national ultérieurement.
D’autre part, cette situation pourrait inciter certains pays à repenser leurs méthodes d’évaluation. Face à des défis persistants, des solutions alternatives pourraient émerger, comme des évaluations basées sur le contrôle continu ou des examens en ligne. Cependant, ces alternatives nécessiteraient des infrastructures adéquates, qui, dans des contextes de crise, peuvent faire défaut.
Il est également important de noter que cette annulation pourrait avoir des répercussions sur la reconnaissance des diplômes à l’international. Les élèves qui ne passent pas ces examens pourraient se heurter à des difficultés lorsqu'ils chercheront à poursuivre leurs études à l'étranger, où les diplômes nationaux sont souvent requis.
Cette décision du ministère de l’Éducation nationale française met également en lumière la nécessité d'une solidarité internationale en matière d'éducation. Les pays touchés par des crises devraient bénéficier d'un soutien accru pour garantir que leurs élèves aient accès à une éducation équitable et de qualité. Des initiatives peuvent être mises en place pour aider ces jeunes à compenser la perte d’opportunités, que ce soit par des programmes de tutorat, des bourses d'études ou des échanges éducatifs.
Enfin, il semble crucial de suivre l'évolution de la situation dans ces régions et de réfléchir à des solutions durables pour garantir l'accès à l'éducation, même dans des contextes difficiles. L'annulation des épreuves de 2026 pourrait être un signal d'alarme sur la nécessité d'agir pour protéger le droit à l'éducation, un droit fondamental pour tous les enfants, quelles que soient les circonstances.
À l'heure où le monde fait face à des crises multiples, cette décision rappelle l'importance d'une réponse collective pour soutenir les systèmes éducatifs fragiles, afin que chaque élève puisse avoir une chance de réussir, indépendamment des défis rencontrés.
Contexte
La décision du ministère de l’Éducation nationale française concernant l’annulation des épreuves du baccalauréat et du brevet en 2026 dans plusieurs pays du Proche et Moyen-Orient et au Mali s’inscrit dans un paysage géopolitique marqué par des crises prolongées. Au Yémen, le conflit armé qui oppose depuis 2014 les forces houthistes à la coalition dirigée par l’Arabie saoudite a provoqué l’effondrement des infrastructures éducatives : selon des estimations d’organisations internationales, près de deux millions d’enfants y seraient déjà privés d’école. En Syrie, la guerre civile entamée en 2011 a fragmenté le territoire et rendu aléatoire l’organisation d’examens nationaux, notamment dans les zones tenues par des groupes rebelles ou sous contrôle kurde.
Au Mali, la situation sécuritaire s’est dégradée depuis le déclenchement de la rébellion touarègue en 2012, suivie d’une intervention militaire française (opération Serval, puis Barkhane) et d’un retrait progressif des forces françaises achevé en 2022. Les attaques djihadistes, récurrentes dans le centre et le nord du pays, compliquent l’acheminement des sujets d’examen et la tenue d’épreuves dans des conditions minimales de sécurité. La junte au pouvoir depuis le coup d’État de 2020 a par ailleurs rompu certains accords de coopération éducative avec la France, ce qui pourrait avoir influencé la décision du ministère.
Cette annulation n’est pas sans précédent : pendant la pandémie de Covid-19, plusieurs pays avaient déjà renoncé aux examens nationaux au profit du contrôle continu. Mais dans le cas présent, les motifs sont exclusivement sécuritaires et logistiques, ce qui soulève la question de la capacité des autorités locales à garantir l’accès à l’éducation dans des zones de conflit.
Analyse
La décision du ministère de l’Éducation nationale française peut être interprétée selon plusieurs angles. D’un point de vue pragmatique, elle répond à une impossibilité matérielle : organiser des épreuves dans des zones où les déplacements sont dangereux et où les bâtiments scolaires ont été détruits ou réquisitionnés relève de la gageure. Le ministère aurait pu maintenir les examens dans les seules zones stables, mais cela aurait créé une inégalité de traitement entre les élèves d’un même pays, potentiellement source de contestations.
Sur le plan diplomatique, cette annulation pourrait être perçue comme un désengagement implicite de la France vis-à-vis de ses réseaux éducatifs à l’étranger. Le réseau des lycées français du monde, géré par l’Agence pour l’enseignement français à l’étranger (AEFE), compte des établissements dans plusieurs des pays concernés. En renonçant aux examens, Paris envoie un signal ambigu sur sa volonté de maintenir une présence éducative dans des zones instables, alors même que la concurrence d’autres puissances (Turquie, Russie, pays du Golfe) s’intensifie.
Enfin, cette décision interroge le modèle même de l’examen national comme rite de passage. Dans des contextes de crise récurrente, l’obsolescence du baccalauréat comme outil unique d’évaluation mérite d’être questionnée. Des expériences menées au Liban ou en Palestine ont montré que des systèmes hybrides (contrôle continu partiel, évaluations décentralisées) pouvaient fonctionner, à condition de disposer d’un encadrement pédagogique solide. Or, dans les zones concernées, les enseignants eux-mêmes sont souvent déplacés ou en situation précaire.
Implications
À court terme, les élèves des pays concernés se trouveront dans une situation inédite : ils ne pourront pas obtenir un diplôme national français, ce qui compliquera leur accès à l’enseignement supérieur en France ou dans d’autres pays francophones. Les universités françaises, qui exigent généralement le baccalauréat pour l’admission en licence, devront peut-être mettre en place des procédures dérogatoires, comme des équivalences basées sur les relevés de notes ou des tests d’entrée spécifiques. Les établissements du supérieur au Canada, en Belgique ou en Suisse pourraient également être amenés à se positionner.
À moyen terme, cette annulation pourrait accélérer la déscolarisation dans les zones touchées. Si les examens sont perçus comme la finalité de la scolarité, leur disparation risque de démobiliser les élèves et leurs familles, déjà confrontés à des priorités plus immédiates (survie, sécurité). Au Mali, où le taux d’alphabétisation est déjà l’un des plus bas d’Afrique de l’Ouest, cette mesure pourrait aggraver un phénomène de décrochage massif.
Plusieurs scénarios sont envisageables. Le plus optimiste serait que les autorités locales et les organisations internationales (UNESCO, UNICEF) mettent en place des dispositifs de rattrapage, comme des sessions d’examen délocalisées dans des pays voisins plus stables. Le plus pessimiste verrait cette annulation servir de précédent pour d’autres régions en crise, conduisant à une fragmentation croissante du système éducatif français à l’étranger.
Pour aller plus loin
Cette décision ouvre plusieurs questions. Quelles alternatives concrètes le ministère de l’Éducation nationale envisage-t-il pour les élèves concernés ? Des dispositifs de compensation, comme des attestations de fin d’études ou des équivalences avec des diplômes locaux, sont-ils à l’étude ? Par ailleurs, comment les familles et les associations de parents d’élèves réagiront-elles à cette annulation, notamment dans les pays où la diaspora française est nombreuse (Liban, Émirats arabes unis) ?
Sur un plan plus large, cet événement invite à réfléchir à la résilience des systèmes éducatifs en temps de crise. Des travaux de recherche, comme ceux publiés par l’Institut de recherche pour le développement (IRD) ou le Haut Conseil de l’éducation, pourraient éclairer les décideurs sur les bonnes pratiques en matière d’évaluation dans des contextes instables. Enfin, le suivi de la situation au Mali, où la rupture avec la France est la plus marquée, sera particulièrement instructif pour anticiper d’éventuelles décisions similaires dans d’autres pays du Sahel.