Avec une croissance en berne, la cible d’un déficit à 5 % en 2026 s’éloigne inexorablement

## Une cible budgétaire de plus en plus hors d'atteinte L'annonce, tombée ce jeudi, a fait l'effet d'une douche froide dans les couloirs de Bercy. Selon les pré
## Une cible budgétaire de plus en plus hors d'atteinte
L'annonce, tombée ce jeudi, a fait l'effet d'une douche froide dans les couloirs de Bercy. Selon les prévisions dévoilées par l'Insee et rapportées par Le Figaro, la croissance française ne devrait pas dépasser 0,4 % en 2026, un chiffre nettement inférieur à l'hypothèse de 0,7 % qui prévalait jusqu'alors. Cette révision à la baisse, d'une ampleur inhabituelle, fragilise directement l'objectif gouvernemental d'un déficit ramené à 5 % du PIB l'an prochain.
## Un enchaînement de révisions défavorables
Le contexte n'a cessé de se dégrader au fil des mois. Il y a à peine deux mois, l'exécutif avait déjà revu son scénario, abandonnant l'idée d'une progression du PIB de 0,9 % pour ne plus tabler que sur 0,7 %. La nouvelle estimation de l'Insee vient donc enfoncer un clou déjà douloureux, en retirant trois dixièmes de point supplémentaires à un horizon pourtant proche. Ce vendredi, le ministre de l'Économie, Roland Lescure, doit faire le point sur la situation macroéconomique. Selon toute vraisemblance, il annoncera une nouvelle dégradation de la prévision gouvernementale pour cette année, ainsi qu'une croissance morose pour 2027.
## Une équation budgétaire compromise
Cette conjoncture morose pèse mécaniquement sur les recettes fiscales, alors que les dépenses publiques, elles, restent orientées à la hausse. En effet, une croissance plus faible réduit les rentrées de TVA, d'impôt sur les sociétés et de cotisations sociales, tout en augmentant certaines dépenses de soutien. Le dérapage du déficit pour l'année en cours paraît dès lors inévitable, ce qui complique d'avance l'équation budgétaire de 2027. Le premier ministre avait lui-même admis, selon des propos rapportés par Le Figaro, qu'il n'était « pas très optimiste » sur l'atteinte de la cible de déficit pour 2026.
## Un calendrier sous tension
La présentation du budget 2027, attendue dans une vingtaine de jours, s'annonce particulièrement délicate. Le gouvernement devra arbitrer entre la nécessité d'afficher une trajectoire crédible vis-à-vis de Bruxelles et la tentation de préserver la croissance par des mesures de soutien. Ces chiffres tombent d'autant plus mal que la France reste sous surveillance de ses partenaires européens au titre de la procédure pour déficit excessif. Toutefois, aucun arbitrage définitif ne semble avoir été rendu public à ce stade.
## Une trajectoire à réinventer
Reste à savoir si l'exécutif maintiendra formellement son objectif de 5 % ou s'il reconnaîtra publiquement son impossibilité. Plusieurs économistes interrogés ces dernières semaines estimaient déjà cet objectif difficilement tenable, indépendamment de la conjoncture. La question du partage de l'effort — entre économies sur les dépenses et hausses de prélèvements — devrait revenir au cœur du débat budgétaire de l'automne. À ce stade, aucune décision officielle n'a été annoncée, laissant planer l'incertitude sur l'ampleur des ajustements à venir.