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Avec plus de 140 000 inscrits, la primaire de la gauche face à l’inconnue du corps électoral

Une · · Par Claire BERNARD

Avec plus de 140 000 inscrits, la primaire de la gauche face à l’inconnue du corps électoral

## Primaire de la gauche : 140 000 inscrits et une incertitude persistante sur la composition du corps électoral À la veille du premier tour de la primaire de l

## Primaire de la gauche : 140 000 inscrits et une incertitude persistante sur la composition du corps électoral À la veille du premier tour de la primaire de la gauche, prévu les 9 et 10 octobre, les organisateurs ont enregistré plus de 140 282 inscrits, un chiffre supérieur aux prévisions les plus optimistes. Selon les informations rapportées par Le Figaro dans son édition du 8 octobre 2026, ce total demeure toutefois très en deçà des participations observées lors des précédentes consultations internes à gauche. Le scrutin, qui se déroulera intégralement en ligne, doit départager plusieurs candidats, parmi lesquels Raphaël Glucksmann, Olivier Faure, Ségolène Royal, Emmanuel Maurel et Jérôme Guedj. La question centrale porte moins sur l'identité des prétendants que sur la nature même du corps électoral appelé à voter. ## Un afflux d'électeurs non encartés La particularité de cette primaire réside dans la proportion élevée de votants qui ne sont pas adhérents d'un parti. D'après les éléments relayés par Le Figaro, cet afflux de nouveaux participants, dont beaucoup ne sont pas encartés, rend le résultat du scrutin « plus incertain que jamais ». Cette configuration brouille les logiques d'appareil traditionnellement à l'œuvre dans ce type de consultation. En effet, un électorat largement extérieur aux structures partisanes échappe aux mécanismes de mobilisation classiques et aux rapports de force internes. Les équipes de campagne doivent donc composer avec une base électorale dont les motivations et les arbitrages restent difficiles à anticiper, d'autant plus que le vote en ligne abaisse le coût de la participation sans garantir sa fidélité. ## Le précédent Jadot comme avertissement L'expérience de la primaire écologiste de 2021 est régulièrement convoquée pour illustrer cette imprévisibilité. Yannick Jadot, donné favori, avait dû attendre le second tour pour s'imposer face à Sandrine Rousseau, alors considérée comme une outsider. Selon les propos rapportés par Le Figaro, l'ancien candidat aurait mis en garde Raphaël Glucksmann contre toute sous-estimation du scrutin. « Tout est possible », confie-t-on dans l'entourage du candidat socialiste, à la veille du premier tour. Cette prudence traduit la difficulté à convertir une position de favori en victoire électorale lorsque le corps votant n'est plus structuré par des affiliations partisanes stables. ## Une participation en retrait par rapport aux précédents scrutins Les 140 282 inscrits restent loin des niveaux atteints lors des consultations antérieures. La primaire de 2017 avait mobilisé environ 2 millions de votants, et celle de 2012 près de 3 millions, selon les données citées par Le Figaro. Les organisateurs de l'édition actuelle ne tablaient, au mieux, que sur 100 000 participants. Cependant, le dépassement de cet objectif pourrait signaler un regain d'intérêt pour la dynamique unitaire à gauche, sans pour autant garantir une représentativité comparable aux scrutins passés. La comparaison historique invite donc à la mesure : un nombre d'inscrits supérieur aux attentes ne signifie pas nécessairement un poids politique équivalent à celui des primaires de la décennie précédente. ## Une incertitude qui pèsera sur la suite À l'issue du premier tour, la composition réelle du corps électoral — âge, proximité partisane, répartition géographique — devrait éclairer la portée du scrutin. Toutefois, tant que les résultats ne seront pas connus, l'issue de la primaire demeure ouverte, et la capacité des candidats à mobiliser au-delà de leurs réseaux militants pourrait constituer le facteur déterminant.