Avant de lancer ses trains à grande vitesse dans le tunnel sous la Manche, Richard Branson (Virgin) rêvait plutôt de relancer le Concorde mais il s'est brisé les ailes

## Le rêve brisé de Richard Branson : relancer le Concorde avant de conquérir le tunnel sous la Manche Avant de se lancer dans l'aventure des trains à grande vi
## Le rêve brisé de Richard Branson : relancer le Concorde avant de conquérir le tunnel sous la Manche
Avant de se lancer dans l'aventure des trains à grande vitesse sous la Manche, Richard Branson, le fondateur de l'empire Virgin, caressait un rêve bien plus audacieux : faire revoler le Concorde. Selon les informations rapportées par BFM Business, le milliardaire britannique a tenté pendant des années de racheter un ou plusieurs exemplaires du mythique avion supersonique afin de relancer des liaisons entre Londres et New York. Un projet qui ne verra jamais le jour, British Airways ayant systématiquement refusé de céder ses appareils.
## La fin d'une ère aéronautique
Le 31 mai 2003, le Concorde effectue son dernier vol commercial supersonique sous les couleurs d'Air France, entre Paris et New York. Cet avion emblématique doit tirer sa révérence pour plusieurs raisons cumulées : il n'était plus adapté aux contraintes économiques de l'aviation civile, mais aussi aux exigences environnementales croissantes. S'ajoute à cela le dramatique accident de juillet 2000, survenu juste après le décollage de l'aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle, qui a provoqué la mort de 113 personnes. Il s'agissait du seul accident de toute l'histoire de l'appareil, mais il a durablement marqué les esprits et scellé son sort.
Cette disparition met un terme à une avancée aéronautique majeure : la possibilité de voler à la vitesse du son pour des vols civils, plaçant les États-Unis à seulement quelques heures de l'Europe. Un bond technologique que beaucoup espéraient voir perdurer.
## L'obsession de Richard Branson
Parmi les déçus de cette fin annoncée figure Richard Branson. Très vite, le milliardaire n'a qu'une idée en tête : relancer le Concorde. Pendant des années, il tente de racheter un ou plusieurs exemplaires de l'appareil et de relancer des vols entre Londres et New York. Il se tourne vers British Airways, la seconde compagnie aérienne à avoir exploité le supersonique, et propose jusqu'à 5 millions de livres sterling de l'époque par appareil.
Avec sa compagnie Virgin Galactic, Branson envisageait d'acquérir cinq appareils : trois destinés à servir de stock de pièces détachées, et deux pour assurer des vols vers Dubaï, Washington, New York et la Barbade. Un plan ambitieux, mais qui se heurtera à un mur.
## Un refus qui tourne à l'affrontement politique
Malgré les efforts répétés du milliardaire, British Airways a systématiquement refusé de céder ses Concorde, qui finiront tous exposés dans des musées. L'affaire prend alors une tournure politique. Le patron de Virgin en appelle directement au gouvernement britannique pour tenter de débloquer la situation.
Un porte-parole de Virgin déclare alors, cité par BFM Business : « C'est une honte pour le secteur aérien, une industrie que nous aimons tous. Rien ne justifie que ces avions ne puissent pas continuer à voler, sous une forme ou une autre, pour la nation. » Une charge qui témoigne de la frustration du groupe face à ce qu'il considérait comme un gâchis industriel et patrimonial.
## Un héritage contrasté
Faute de pouvoir ressusciter le supersonique, Richard Branson s'est donc tourné vers un autre pari ferroviaire : les trains à grande vitesse dans le tunnel sous la Manche. Un virage stratégique qui illustre la capacité du milliardaire à rebondir, mais aussi la fin d'un certain rêve aéronautique. Le Concorde, lui, reste aujourd'hui encore le symbole d'une époque où l'Europe et les États-Unis semblaient pouvoir se rapprocher à la vitesse du son — un héritage que plus aucun appareil civil n'a su reproduire depuis.