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"Autrement, on est seuls, on va dans le mur": après une sécheresse historique, l'association Solidarité Paysans au chevet des agriculteurs

Economie · · Par Julie MOREAU

## Une sécheresse historique met les exploitations à l'épreuve L'été 2026 restera marqué par des vagues de canicule d'une intensité rare, et ses conséquences se

## Une sécheresse historique met les exploitations à l'épreuve L'été 2026 restera marqué par des vagues de canicule d'une intensité rare, et ses conséquences se font déjà sentir dans les campagnes françaises. Selon les informations rapportées par BFM Business, l'association Solidarité Paysans, qui accompagne depuis 1992 les agriculteurs en difficulté, redoute une explosion des demandes d'assistance cet hiver. Un phénomène qui illustre la fragilité croissante d'un secteur confronté à des conditions climatiques de plus en plus extrêmes. ## Un éleveur charentais en première ligne Le témoignage de Bruno Héron, recueilli par BFM Business, résume à lui seul l'ampleur du problème. Cet éleveur de chèvres et producteur de céréales, installé depuis 1981 sur 63 hectares à Saint-Hilaire-du-Bois, en Charente-Maritime, à une heure de route au nord de Bordeaux, dit avoir "perdu 30% du lait à cause de la chaleur". Ses réserves de foin, prévues pour nourrir sa soixantaine de bêtes durant l'hiver, fondent depuis plusieurs mois. Les rendements de ses grandes cultures sont, selon ses mots, "tout petits". "On n'a pas eu d'eau depuis avril", déplore l'exploitant non-irrigant, aujourd'hui âgé de 64 ans. "Cette année, c'est particulièrement compliqué", souffle-t-il auprès de la chaîne économique. ## Des charges qui s'accumulent, des marges qui disparaissent Face à cette situation, Bruno Héron a dû adapter sa stratégie. Confronté à des "intrants et au gasoil de plus en plus chers", il a choisi d'étendre ses surfaces de jachère. "Au moins, je ne débourse rien", justifie-t-il, précisant toucher des primes de la PAC (Politique agricole commune) et du dispositif des MAEC (Mesures agro-environnementales et climatiques) à l'hectare. Ce choix, s'il limite les pertes immédiates, traduit surtout l'impasse économique dans laquelle se trouvent de nombreux exploitants. La sécheresse n'est pas seulement un aléa climatique : elle aggrave une équation financière déjà tendue, où chaque euro investi dans une récolte incertaine devient un risque difficilement assumable. ## Solidarité Paysans, un filet de sécurité humain C'est précisément là qu'intervient Solidarité Paysans. Ce réseau national de défense et d'accompagnement des agriculteurs en difficulté, créé en 1992, mobilise 1.300 bénévoles — souvent d'anciens agriculteurs — épaulés par 111 salariés. En 2025, l'association a accompagné plus de 4.000 exploitants peinant à "vivre dignement" de leur activité, selon les chiffres cités par BFM Business. Pour Bruno Héron, ce soutien a été décisif. "Perdu face à l'administratif", il avait contacté l'association après que ses récoltes ont été détruites par la grêle en 2018, alors qu'il ne disposait "pas d'assurance". "Grâce à eux, je suis encore là, en plan de sauvegarde. Autrement, on est seuls, on va dans le mur", témoigne-t-il. ## Un hiver sous haute tension L'enjeu dépasse désormais le cas individuel. Si Solidarité Paysans anticipe une hausse des sollicitations dans les mois à venir, c'est que la sécheresse de 2026 s'inscrit dans une série d'épisodes climatiques extrêmes qui épuisent progressivement les trésoreries agricoles. Entre pertes de production, hausse des coûts et couvertures assurantielles insuffisantes, de nombreux exploitants pourraient se retrouver dans des situations comparables à celle de Bruno Héron. La question du maintien d'un accompagnement humain et administratif à la hauteur de ces besoins se pose avec acuité, alors que l'association elle-même dépend largement de l'engagement de ses bénévoles.