Autoroutes : bras de fer entre les concessionnaires et l’État sur la fiscalité

## Autoroutes : bras de fer entre les concessionnaires et l’État sur la fiscalité La décision du gouvernement d’alourdir la taxe sur les infrastructures de tran
## Autoroutes : bras de fer entre les concessionnaires et l’État sur la fiscalité
La décision du gouvernement d’alourdir la taxe sur les infrastructures de transport, révélée par voie de presse le 28 septembre 2026, a provoqué une vive réaction des concessionnaires autoroutiers. Selon les informations rapportées par Le Figaro, l’exécutif entend porter le rendement de cette taxe de 600 millions à 1,4 milliard d’euros par an, soit une augmentation de 800 millions d’euros de recettes supplémentaires. Un tour de vis fiscal qui ne passe pas du côté des sociétés d’autoroutes, bien décidées à contester la méthode et le fond devant la justice.
## Une taxe instaurée en 2024 et brutalement alourdie
Mise en place en 2024, la taxe sur l’exploitation des infrastructures de transport de longue distance devait initialement rapporter environ 600 millions d’euros par an. Deux ans plus tard, le gouvernement souhaite donc plus que doubler son rendement. D’après le communiqué publié le lundi 28 septembre dans l’après-midi, cette réforme rapportera « environ 800 millions d’euros de recettes supplémentaires », portant le total à 1,4 milliard d’euros annuels. Une annonce qui intervient dans le cadre du budget 2027, sans que les modalités exactes n’aient été communiquées aux principaux intéressés.
## « Nous sommes consternés par la méthode et en colère sur le fond »
Camille Bonenfant-Jeanneney, présidente des concessions autoroutières d’Eiffage en France, exprime une vive contrariété. « Nous sommes consternés par la méthode et en colère sur le fond », déclare-t-elle au Figaro. Elle déplore en particulier le manque de concertation : « Nous avons appris par voie de presse la hausse de cette taxe. Et nous n’en connaissons toujours pas les modalités exactes. » La dirigeante rappelle toutefois que les concessionnaires restent « toujours pour le dialogue », laissant entendre que le bras de fer pourrait se poursuivre sur le terrain juridique.
## Vers une intensification des contentieux
Selon les informations du Figaro, les concessionnaires comptent sur la justice pour obtenir des compensations. Cette stratégie s’inscrit dans un contexte déjà tendu entre l’État et les sociétés autoroutières, qui contestent régulièrement les modifications unilatérales des conditions d’exploitation. En effet, la hausse de cette taxe pourrait être perçue comme une atteinte à l’équilibre économique des contrats de concession, ouvrant la voie à de nouveaux recours. D’autant plus que les modalités précises de la réforme demeurent floues, ce qui alimente l’incertitude pour les opérateurs.
## Un enjeu budgétaire et juridique
Cette augmentation intervient dans un contexte de recherche de recettes pour l’État, confronté à des besoins de financement croissants. Toutefois, la méthode employée — une annonce par voie de presse sans concertation préalable — pourrait fragiliser juridiquement la mesure. Les concessionnaires, qui exploitent des infrastructures stratégiques, disposent de moyens juridiques importants pour contester une modification unilatérale de leur fiscalité. L’issue de ce bras de fer dépendra en partie de l’arbitrage des tribunaux, mais aussi de la capacité du gouvernement à justifier cette hausse sans compensation. Une chose est sûre : le dialogue semble pour l’instant rompu, et les contentieux en cours pourraient bien s’intensifier dans les mois à venir.