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«Aujourd’hui, le pays est en ruines» : à Cuba, dans le quotidien d’une famille angoissée par un socialisme à la dérive

Une · · Par Claire BERNARD

«Aujourd’hui, le pays est en ruines» : à Cuba, dans le quotidien d’une famille angoissée par un socialisme à la dérive

«Aujourd’hui, le pays est en ruines» : à Cuba, dans le quotidien d’une famille angoissée par un socialisme à la dérive Alors que Cuba traverse l’une des crises

«Aujourd’hui, le pays est en ruines» : à Cuba, dans le quotidien d’une famille angoissée par un socialisme à la dérive

Alors que Cuba traverse l’une des crises les plus graves de son histoire récente, le quotidien des habitants se dégrade sous le poids des pénuries, des coupures de courant et d’un régime qui semble, selon certains observateurs, vaciller sur ses bases. Dans un récit publié le 13 juin 2026 par Le Figaro, le journaliste Hector Lemieux, dépêché à La Havane, dresse le portrait d’une famille havanaise confrontée à l’effondrement des services publics et à une angoisse permanente, entre explosions de transformateurs et peur d’une intervention étrangère. Ce reportage, intitulé « Aujourd’hui, le pays est en ruines : à Cuba, dans le quotidien d’une famille angoissée par un socialisme à la dérive », offre une plongée intime dans les foyers cubains, où la parole, bien que mesurée dans l’espace public, se libère derrière les portes closes.

Un quotidien marqué par la peur et l’incertitude

Le récit s’ouvre sur une scène saisissante : un jeudi soir, dans un restaurant du quartier du Vedado, à La Havane, une explosion assourdissante retentit. Un éclair jaunâtre illumine le ciel, et Yaima, une métisse havanaise aux longs cheveux noirs, venue passer la journée chez Ariel, son beau-père musicien, se jette au sol. « Ça y est. Les Américains arrivent », s’exclame-t-elle, traduisant une tension palpable au sein de la population. Une autre femme, qui riait aux éclats quelques minutes plus tôt, crie : « Mes jambes tremblent. Je ne peux plus bouger ! ». Selon le journaliste, seul un retraité des Forces armées révolutionnaires (FAR) reste de marbre, un verre de rhum à la main. Il s’avère que le transformateur du quartier a explosé dans un vacarme retentissant, et non que les U.S. Marines ont fait irruption dans la capitale cubaine. Mais cette méprise, rapportée par Le Figaro*, illustre l’état de nervosité qui règne dans la métropole de deux millions d’habitants.

Un système à bout de souffle

Ce climat d’angoisse s’inscrit dans un contexte de dégradation accélérée des infrastructures et des services publics. Selon des informations rapportées par le correspondant du Figaro, les Havanais font parfois comme si tout était normal, mais Ariel, Yaima et leurs proches se pensent, comme beaucoup, en sursis en ces temps troublés. La présence d’un groupe aéronaval américain dans les eaux proches de l’île, mentionnée dans l’article, ajoute une dimension géopolitique à une crise intérieure déjà profonde. Les coupures de courant, qui peuvent durer plusieurs heures par jour, sont devenues monnaie courante, comme en témoigne la photographie de Norlys Perez pour Reuters, montrant une femme traversant une rue pendant une coupure de courant à La Havane, le 10 juin 2026. Le système socialiste, autrefois présenté comme un modèle de résilience, semble aujourd’hui à la dérive, incapable de garantir les besoins élémentaires de sa population.

Une parole qui se libère dans l’intimité

L’un des aspects les plus frappants du reportage d’Hector Lemieux est la manière dont les Cubains mesurent leurs propos dans l’espace public, faute de liberté d’expression, mais se livrent sans retenue dans leurs foyers. Cette dichotomie, soulignée par Le Figaro, révèle une société sous pression, où la peur de la répression côtoie un besoin viscéral de s’exprimer. Le récit se concentre sur une famille havanaise, dont les membres oscillent entre résignation et révolte silencieuse. Yaima, qui travaille dans le secteur informel, confie ses craintes pour l’avenir, tandis qu’Ariel, musicien, évoque la difficulté de vivre de son art dans un pays où les salles de concert ferment faute d’électricité. Selon des sources locales citées par le journaliste, cette situation pousse de nombreux Cubains à envisager l’exil, malgré les obstacles administratifs et les risques encourus.

Des répercussions politiques et économiques

Cette crise humanitaire et sociale n’est pas sans conséquences sur le plan politique. D’après Le Figaro, le gouvernement cubain, dirigé par Miguel Díaz-Canel, tente de maintenir un semblant de normalité, mais les signes de fragilité se multiplient. Les pénuries de nourriture, de médicaments et de carburant, aggravées par les sanctions américaines et l’effondrement du tourisme, plongent des millions de personnes dans une précarité croissante. Par ailleurs, la diaspora cubaine, notamment aux États-Unis, suit de près l’évolution de la situation, certains voyant dans cette crise une opportunité de changement de régime. Toutefois, comme le rappelle le reportage, la mémoire des échecs passés et la crainte d’une intervention étrangère tempèrent les espoirs d’une transition rapide.

Perspectives et enjeux futurs

Alors que Cuba semble s’enfoncer dans une spirale de déclin, le quotidien de familles comme celle d’Ariel et Yaima illustre la résilience forcée d’un peuple habitué à survivre dans l’adversité. Le récit d’Hector Lemieux, publié par Le Figaro, ne prétend pas prédire l’avenir, mais il met en lumière une réalité que les autorités cubaines peinent à masquer. La question qui demeure est celle de la capacité du régime à se réformer ou à tenir face à la pression populaire et internationale. Dans l’immédiat, les Havanais continuent de vivre au rythme des explosions de transformateurs et des rumeurs d’invasion, cherchant dans l’intimité de leurs foyers un espace de liberté que l’espace public leur refuse.