Onyx Infos

«Aujourd’hui, il est très facile d’avoir foi en l’IA, facile d’avoir foi en Dieu, mais difficile d’avoir foi en l’Humanité» : une brillante philosophe tire le signal d’alarme

Une · · Par Claire BERNARD

«Aujourd’hui, il est très facile d’avoir foi en l’IA, facile d’avoir foi en Dieu, mais difficile d’avoir foi en l’Humanité» : une brillante philosophe tire le signal d’alarme

## Une philosophe alerte sur l'effritement de la confiance en l'humanité Dans un entretien accordé au Figaro et publié le 10 octobre 2026, la philosophe et essa

## Une philosophe alerte sur l'effritement de la confiance en l'humanité Dans un entretien accordé au Figaro et publié le 10 octobre 2026, la philosophe et essayiste Gabrielle Halpern livre une analyse préoccupante des effets de l'intelligence artificielle sur les fondements mêmes de la confiance collective. Selon les propos rapportés par le quotidien, la normalienne et docteur en philosophie estime que la foi en l'humanité s'étiole au profit d'une confiance nouvelle portée vers les systèmes techniques. Une mise en garde qui intervient alors que l'IA s'installe durablement dans les usages professionnels et personnels. ## Un renversement des croyances traditionnelles Selon les déclarations relayées par Le Figaro, Gabrielle Halpern dresse un constat saisissant : « Aujourd'hui, il est très facile d'avoir foi en l'IA, facile d'avoir foi en Dieu, mais difficile d'avoir foi en l'Humanité ». Cette formule, reprise en titre de l'entretien, résume selon l'auteure un basculement anthropologique majeur. La confiance envers autrui — valeur jugée essentielle par la philosophe — semblerait s'éroder au profit de mécanismes techniques perçus comme plus prévisibles, voire plus fiables. Une dynamique que les réseaux sociaux pourraient avoir accélérée, en substituant à la relation humaine directe des interactions médiées par des algorithmes. ## Une menace aux prémices de ses effets Gabrielle Halpern, auteure de plusieurs ouvrages consacrés aux transformations du monde du travail et de la société, a publié en janvier dernier « Intelligence artificielle ; et l'Homme créa Dieu » aux éditions Hermann. Dans cet essai, elle interroge la place grandissante accordée aux systèmes automatisés dans la construction des repères collectifs. Selon l'analyse qu'elle développe auprès du Figaro, certains pans de l'humanité seraient d'ores et déjà mis en péril par cette évolution. La philosophe insiste toutefois sur un point : les effets observés ne constitueraient que les prémices d'un phénomène appelé à s'amplifier. ## Une réflexion sur le travail et le lien social Le parcours de Gabrielle Halpern, normalienne et quasi quadragénaire selon la présentation qu'en fait Le Figaro, l'a conduite à s'intéresser de près aux mutations du travail. Ce champ d'étude apparaît d'autant plus sensible que l'intelligence artificielle y redessine les hiérarchies, les compétences et les rapports de confiance entre collègues et institutions. La philosophe semble y voir un terrain où la défiance envers l'autre pourrait se cristalliser, au moment même où les outils techniques promettent performance et objectivité. ## Un signal d'alerte à portée prospective L'entretien, signé Quentin Périnel, s'inscrit dans une série de publications consacrées aux nouvelles technologies et à leurs implications sociales. Si les propos de Gabrielle Halpern relèvent d'une lecture philosophique et non d'une enquête statistique, ils rejoignent des interrogations exprimées par plusieurs chercheurs sur les effets de l'automatisation sur le lien social. Reste à savoir si cette érosion de la confiance en l'humanité constituera une tendance durable ou un phénomène transitoire, appelé à se rééquilibrer à mesure que les sociétés apprendront à encadrer ces technologies.