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«Aujourd’hui, ils continuent d’avancer vers nous» : Nabatieh, épicentre libanais de la mise à l’épreuve de l’accord Iran-États-Unis

Une · · Par Claire BERNARD

«Aujourd’hui, ils continuent d’avancer vers nous» : Nabatieh, épicentre libanais de la mise à l’épreuve de l’accord Iran-États-Unis

# Nabatieh, épicentre libanais de la mise à l'épreuve de l'accord Iran-États-Unis Sur la route de Nabatieh, que les habitants ont surnommée ces dernières semain

# Nabatieh, épicentre libanais de la mise à l'épreuve de l'accord Iran-États-Unis Sur la route de Nabatieh, que les habitants ont surnommée ces dernières semaines « la route de la mort » en raison des frappes de drones israéliens visant quotidiennement des civils, les voitures aux toits chargés de bagages s'aventurent à nouveau. Ce lundi matin, la ville fantôme du sud du Liban se réveille au son des moteurs qui se faufilent dans les allées bordées de montagnes de décombres, selon un reportage du Figaro publié le 19 juin 2026. Les affrontements entre Israël et le Hezbollah se poursuivent autour de cette ville stratégique, où les habitants reviennent au compte-gouttes après l'annonce d'un protocole d'accord entre l'Iran et les États-Unis. ## Une ville suspendue entre guerre et espoir de trêve Sur les lampadaires de Nabatieh, les décorations du ramadan, terminé en mars, rappellent que la guerre a suspendu le temps. Sur le carrefour central, à l'entrée des souks dont la toiture a été arrachée et les magasins pulvérisés, les hommes se reconnaissent et se saluent en accolades chaleureuses. Tous sont venus au petit matin, souvent sans femmes ni enfants, quelques heures à peine après l'annonce d'un protocole d'accord entre l'Iran et les États-Unis. « Je ne sais pas ce que l'on va faire, ma maison a été épargnée mais il n'y a plus d'eau, ni d'électricité et de réseau. Je vais sûrement repartir ce soir », explique Mohammed, cité par le quotidien français. Cette situation illustre la fragilité de la trêve potentielle que cet accord pourrait instaurer. Nabatieh, bastion historique du Hezbollah, se trouve en première ligne des affrontements qui opposent depuis plusieurs mois l'armée israélienne aux forces du parti chiite libanais. La ville, située à une vingtaine de kilomètres de la frontière israélienne, a subi des destructions massives, et le retour des habitants reste conditionné à l'évolution des combats. ## Les enjeux de l'accord Iran-États-Unis pour le Liban Selon des informations rapportées par Le Figaro, le protocole d'accord entre Téhéran et Washington pourrait avoir des répercussions directes sur le conflit libanais. L'Iran, principal soutien du Hezbollah, serait susceptible de modérer ses actions militaires en échange de concessions américaines sur le dossier nucléaire ou les sanctions économiques. Cependant, les témoignages recueillis à Nabatieh témoignent d'un scepticisme généralisé parmi les habitants. « Aujourd'hui, ils continuent d'avancer vers nous », confie un résident, faisant référence aux forces israéliennes qui maintiennent leur pression militaire malgré les négociations diplomatiques. Les affrontements se poursuivent en effet autour de Nabatieh, où les positions du Hezbollah restent sous le feu des frappes israéliennes. La ville, qui comptait environ 50 000 habitants avant le conflit, est devenue un symbole de la résistance chiite, mais aussi le théâtre de destructions systématiques. Les infrastructures de base – eau, électricité, réseaux de télécommunications – ont été largement endommagées, rendant la vie quasi impossible pour ceux qui tentent de revenir. ## Un retour conditionné par la sécurité Le retour au compte-gouttes des habitants de Nabatieh reflète une réalité complexe. Beaucoup viennent inspecter leurs maisons, récupérer quelques biens, mais repartent rapidement, conscients que la menace des drones israéliens n'a pas disparu. « Je vais sûrement repartir ce soir », confie Mohammed, illustrant le caractère précaire de ces retours. Les hommes, souvent seuls, effectuent des allers-retours entre la ville et les zones plus sûres du nord du Liban. Cette situation met en lumière les limites de l'accord Iran-États-Unis, dont les modalités précises restent floues. Si un cessez-le-feu semble envisageable, les conditions sur le terrain pourraient ralentir sa mise en œuvre. Les habitants de Nabatieh, pris entre l'espoir d'une trêve et la réalité des combats, incarnent les victimes d'un conflit qui dépasse largement les frontières du Liban. Alors que les négociations se poursuivent entre Téhéran et Washington, Nabatieh demeure un épicentre où se joue la crédibilité de tout accord. Les prochains jours seront décisifs pour déterminer si la ville pourra renaître de ses cendres ou si elle restera, pour longtemps encore, une ligne de front meurtrière.