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Au Yémen, sous le joug houthi, les habitants de Sanaa n'osent plus parler

Monde · · Par Claire BERNARD

Au Yémen, sous le joug houthi, les habitants de Sanaa n'osent plus parler

## Au Yémen, sous le joug houthi, les habitants de Sanaa n'osent plus parler À Sanaa, la capitale yéménite contrôlée depuis près d'une décennie par la rébellion

## Au Yémen, sous le joug houthi, les habitants de Sanaa n'osent plus parler À Sanaa, la capitale yéménite contrôlée depuis près d'une décennie par la rébellion houthie, la parole est devenue un risque que peu de residents acceptent encore de prendre. Selon un reportage diffusé par RFI le 9 octobre 2026, il aura fallu plusieurs appels relayés par des intermédiaires pour recueillir le témoignage, sous couvert d'anonymat, d'un homme ayant fui la ville. Un silence qui, d'après les organisations de défense des droits humains citées dans ce reportage, traduit moins la résignation qu'une peur entretenue par des méthodes de répression documentées. ## Un climat de peur structuré par la répression « La situation dans les zones sous contrôle houthi est intenable, économiquement comme du point de vue des services publics », affirme cet homme anonyme cité par RFI. Il ajoute que les habitants « n'osent pas parler car ils savent ce dont ils sont capables, ils connaissent leurs méthodes sanglantes ». Selon son témoignage, certaines personnes apparues récemment dans les médias auraient été « liquidées » peu de temps après. Ces affirmations, rapportées par un témoin qui a quitté la capitale, ne peuvent être vérifiées de manière indépendante, l'accès à Sanaa demeurant extrêmement restreint pour les journalistes, particulièrement dans les zones tenues par les Houthis. ## Humanitaires et employés de l'ONU pris pour cible Ce climat ne touche pas seulement la population civile. Selon le reportage de RFI, plusieurs humanitaires ont été victimes de disparitions forcées ces dernières années, et des dizaines d'employés de l'ONU seraient toujours détenus arbitrairement. Certains d'entre eux auraient confié avoir été torturés afin de leur extorquer de faux aveux d'espionnage. Des faits qui s'inscrivent, d'après les organisations citées, dans une stratégie de contrôle visant à décourager toute forme de contestation ou de coopération avec l'extérieur. ## Le témoignage d'une militante sous pression Khawla Alrowaishan, qui travaille pour l'ONG Mwatana for Human Rights, décrit une insécurité permanente. « Je pense qu'aucun d'entre nous ne se sent en sécurité à Sanaa en ce moment. Nous sommes toujours menacés et plusieurs de nos membres ont subi des exactions, dont des détentions arbitraires. Mais nous n'avons pas d'autre choix que de nous battre et de continuer », déclare-t-elle à RFI. L'organisation indique avoir également documenté une répression spécifique contre les femmes, sans que le détail de ces cas ne soit précisé dans le reportage. ## Un pays exsangue après douze ans de guerre Ce témoignage intervient dans un contexte humanitaire dégradé. Après douze ans de conflit, plus de la moitié de la population yéménite a besoin d'une aide humanitaire, selon les données rappelées par RFI. La reprise des combats ces dernières semaines est venue aggraver une situation déjà critique. L'accès des journalistes au pays reste par ailleurs l'un des plus difficiles au monde, ce qui limite la vérification indépendante des faits rapportés et laisse souvent les victimes sans relais. La persistance de ces détentions et disparitions, si elle était confirmée par des sources indépendantes, pourrait peser sur les négociations humanitaires en cours. Elle interroge aussi la capacité des organisations internationales à maintenir leurs opérations dans un environnement où leur personnel est lui-même exposé.