Au moins 124 défenseurs de l’environnement tués en 2025: «ils défendent leur vie quotidienne»

Selon le 14ᵉ rapport annuel de Global Witness, publié le 16 septembre, au moins 124 défenseurs de l'environnement ont été tués dans le monde en 2025. L'organisa
Selon le 14ᵉ rapport annuel de Global Witness, publié le 16 septembre, au moins 124 défenseurs de l'environnement ont été tués dans le monde en 2025. L'organisation non gouvernementale, qui documente depuis plus d'une décennie les violences liées à la protection des terres et des ressources naturelles, place une nouvelle fois l'Amérique latine au premier rang des régions les plus meurtrières pour ces militants.
## Une concentration latino-américaine qui ne se dément pas
D'après les données compilées par Global Witness, le continent latino-américain demeure de loin la zone la plus dangereuse pour les personnes qui protègent leurs terres, leurs droits ou leurs cultures. Cette prédominance régionale, constatée année après année dans les précédents rapports de l'ONG, semble donc se confirmer une fois encore. Les chiffres avancés par l'organisation, qui recense les homicides documentés et vérifiés, pourraient toutefois sous-estimer l'ampleur réelle du phénomène, de nombreux cas restant non signalés ou difficiles à confirmer dans des zones reculées ou sous contrôle de groupes armés.
## Des résistances locales qui s'organisent
Face à cette situation, certaines communautés ont choisi de s'organiser. Au Pérou, la communauté autochtone Kakataibo a ainsi formé sa propre garde, selon les informations rapportées par RFI. Cette initiative d'autodéfense territoriale illustre la manière dont les populations locales tentent de pallier l'absence ou l'insuffisance des protections institutionnelles. Aux Philippines, une communauté résiste depuis cinq mois à un important projet minier, témoignant de la dimension également asiatique du phénomène. Une habitante de cette communauté a livré son témoignage, évoquant une mobilisation quotidienne pour préserver son cadre de vie.
## Un phénomène documenté mais difficile à endiguer
Le rapport de Global Witness, dont c'est la 14ᵉ édition, s'inscrit dans une série de publications qui, depuis plus de dix ans, alertent sur la vulnérabilité croissante des défenseurs environnementaux. La répétition de ces constats, année après année, souligne la difficulté des États et des instances internationales à enrayer ces violences. En effet, les mécanismes de protection existants, qu'ils soient juridiques ou diplomatiques, semblent insuffisants pour couvrir l'ensemble des territoires concernés, notamment lorsque les conflits d'usage des sols impliquent des acteurs économiques puissants ou des groupes criminels.
## Un enjeu qui dépasse la seule dimension sécuritaire
Au-delà du bilan humain, ces assassinats interrogent la capacité des sociétés à concilier exploitation des ressources et respect des droits fondamentaux. Les personnes visées, rappelle Global Witness, ne sont pas des militants abstraits : elles défendent, selon les termes employés par RFI, leur vie quotidienne. Cette formulation souligne la dimension existentielle des conflits environnementaux, où l'accès à l'eau, à la terre ou à un air sain constitue un enjeu immédiat de survie. La persistance de ces violences, d'autant plus que les pressions sur les ressources naturelles s'intensifient à l'échelle mondiale, pourrait continuer d'alimenter une tendance lourde que les rapports successifs peinent à inverser.