Au MoDem, l’après-Bayrou reste un interdit, malgré un début de « guerre des chefs »

L'après-François Bayrou continue d'être traité comme un sujet tabou au sein du MoDem, alors que le dirigeant centriste, âgé de 75 ans, a lui-même lancé la rentr
L'après-François Bayrou continue d'être traité comme un sujet tabou au sein du MoDem, alors que le dirigeant centriste, âgé de 75 ans, a lui-même lancé la rentrée de son mouvement vendredi 18 septembre par un discours à l'Isle-sur-la-Sorgue, dans le Vaucluse. Selon les informations rapportées par Le Figaro, l'ancien Premier ministre n'entend toujours pas ouvrir sa succession à la tête de la formation qu'il dirige, malgré l'émergence de tensions entre ses principaux fidèles.
## Une rentrée sous contrôle
Comme chaque année, François Bayrou a présidé le rendez-vous de rentrée de son parti, un exercice qu'il maîtrise depuis des décennies. À la tête de plusieurs formations centristes depuis 1994 — le Centre des démocrates sociaux, Force démocrate, l'UDF puis le MoDem —, l'ancien maire de Pau conserve une emprise revendiquée sur son appareil. Selon Le Figaro, il aurait fait comprendre à ses troupes, alors que la présidence du parti devait être remise en jeu en mars prochain, qu'« on a le temps ». Une formule qui traduit, selon le quotidien, sa volonté de retarder l'ouverture d'une compétition interne.
Cette position intervient dans un contexte personnel et politique singulier. En l'espace d'un an, François Bayrou a perdu Matignon puis sa mairie de Pau, deux revers qui auraient pu fragiliser son autorité. Il reste néanmoins décidé à garder la main sur son mouvement, d'autant plus qu'Emmanuel Macron, son allié à l'Élysée, est empêché par la Constitution de se représenter en 2027 — une contrainte qui ne s'applique pas à lui.
## Marc Fesneau et Jean-Noël Barrot en embuscade
Derrière l'unité affichée, une « guerre des chefs » sourde semblerait se dessiner entre deux figures montantes du parti. D'un côté, Marc Fesneau, chef des députés MoDem, occupe une position parlementaire centrale. De l'autre, Jean-Noël Barrot, ministre des Affaires étrangères, dispose d'une visibilité gouvernementale que son mandat lui confère. Selon Le Figaro, François Bayrou serait soucieux de retarder l'affrontement entre ces deux fidèles, dont la rivalité latente pourrait fragiliser la cohésion du mouvement.
Cette configuration n'est pas sans rappeler d'autres formations centristes, où la longévité d'un fondateur a longtemps gelé les ambitions internes. En effet, la question de la succession s'avère d'autant plus délicate que le MoDem tire une part de son poids politique de la stature personnelle de son président, dont l'expérience gouvernementale reste un atout revendiqué.
## Un calendrier encore flou
Le conseil national du parti aurait adopté une disposition repoussant l'échéance initialement prévue pour mars, sans qu'une date alternative ne soit clairement fixée selon les éléments rapportés. Cette situation entretient une incertitude sur la trajectoire du MoDem à moyen terme, alors que le paysage politique se recompose à l'approche de l'élection présidentielle.
Reste à savoir si cette gestion du temps suffira à contenir les ambitions. L'absence de candidature de François Bayrou à la présidentielle pourrait, à terme, accélérer les repositionnements internes, même si le dirigeant centriste semble déterminé à conserver la barre de son parti aussi longtemps qu'il le jugera utile.