Onyx Infos

Au Mali, l’Africa Corps recule sous la pression des djihadistes

Une · · Par Claire BERNARD

Au Mali, l’Africa Corps recule sous la pression des djihadistes

Au Mali, l’Africa Corps recule sous la pression des djihadistes L'Africa Corps, force militaire engagée aux côtés de la junte malienne, traverse une période par

Au Mali, l’Africa Corps recule sous la pression des djihadistes

L'Africa Corps, force militaire engagée aux côtés de la junte malienne, traverse une période particulièrement difficile. Le 25 avril 2026, des affrontements violents ont éclaté lorsque le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a mené une offensive audacieuse, s'emparant de Kidal, une ville stratégique pour le pouvoir actuel. Cet événement soulève des inquiétudes majeures non seulement concernant la pérennité de la junte au pouvoir depuis 2020, mais également sur la solidité des engagements russes dans la lutte contre le terrorisme.

Après un silence de trois jours, Assimi Goïta, le président malien, est réapparu publiquement le 28 avril. Des images diffusées par ses services montrent Goïta en pourparlers avec Igor Kromyko, l’ambassadeur de Russie au Mali. Cette rencontre souligne l'importance d'un partenariat stratégique avec Moscou, tout en mettant en lumière les incertitudes qui l'entourent. Dans un communiqué, Kromyko a « réaffirmé l’engagement de son pays aux côtés du Mali », mais les récents événements sur le terrain laissent planer un doute sur cette promesse.

Les combats à Kidal illustrent la montée en puissance des djihadistes. Des groupes rebelles touaregs, alliés du JNIM, évoluent librement dans cette région, mettant à jour la vulnérabilité des forces maliennes. Les mercenaires de l’Africa Corps, qui étaient initialement perçus comme des protecteurs, se trouvent désormais en position délicate. Le JNIM a même proposé un retrait pacifique, exploitant ainsi la fébrilité de la junte. Cette offre, censée apaiser les tensions, témoigne non seulement de la force croissante des djihadistes, mais également du désespoir des forces russes présentes sur le terrain.

Les conséquences de cette offensive se manifestent déjà. Le moral des troupes maliennes est en berne, et la junte doit faire face à des critiques internes croissantes. Des sources proches du régime laissent entendre que la perte de Kidal pourrait susciter des mouvements de contestation au sein même du pouvoir. Un analyste local a déclaré : « Cette situation pourrait entraîner des vagues de mécontentement qui remettent en question l’autorité de Goïta. »

Les implications de ces événements vont bien au-delà du contexte militaire. Le soutien populaire envers la junte semble en déclin, tandis que le partenariat avec la Russie fait l’objet d’un examen minutieux de la part de la population malienne. De nombreux citoyens s'interrogent sur l'efficacité de cette collaboration face à la montée des groupes armés. Les promesses de sécurité, initialement avancées par Goïta, sont aujourd'hui de plus en plus remises en question.

Le contexte géopolitique est lui aussi en pleine mutation. La Russie, tout en soutenant activement le Mali, doit jongler entre ses intérêts stratégiques et les réalités du terrain. Les répercussions de cette situation pourraient avoir des conséquences sur d'autres pays de la région, où l’instabilité est également présente. Les experts craignent un effet domino, entraînant un afflux de réfugiés et une exacerbation des tensions interethniques.

Au 29 avril, la situation à Kidal demeure tendue. La junte malienne se trouve à un tournant critique et devra prendre des décisions stratégiques dans les jours à venir pour préserver son autorité face à cette crise grandissante. Les choix qui seront faits dans les prochaines heures pourraient bien déterminer l'avenir du Mali et la pérennité de son régime.