{"title":"Au Cameroun, la société publique d’électricité renationalisée","content":"Au Cameroun, le 4 mai 2026, les autorités ont annoncé un changement radical dans le secteur de l'électricité. La société Energy Of Cameroon (Eneo) devient entièrement publique, avec l'État comme actionnaire unique. Cette transformation vise à répondre aux nombreuses critiques sur la gestion de cette entreprise, souvent accusée de non-performance.\n\nDerrière cette décision, la création de la Société camerounaise d’électricité (Socadel) soulève des interrogations. En effet, il ne s'agit pas seulement d'un changement de statut, mais d'une volonté de redresser un secteur souvent considéré comme défaillant. Le ministre de l'Eau et de l'Énergie, Gaston Eloundou Essomba, a déclaré : « Cette renationalisation est un pas vers la responsabilisation de la gestion de l’électricité au Cameroun. »\n\nDes défis persistants\n\nEneo avait déjà fait face à de nombreux défis, tels que la gestion des coupures d'électricité et le manque d'investissements dans les infrastructures. Socadel devra s'attaquer à ces problèmes sans les ressources financières suffisantes pour rebâtir un réseau vieillissant. En plus, la transition vers une structure publique doit être accompagnée d'une transparence accrue, car la méfiance du public envers les autorités reste palpable.\n\nLe changement de cap s'inscrit dans un contexte où le pays cherche à améliorer l'accès à l'électricité pour sa population. Selon un rapport de la Banque Mondiale, plus de 60% des Camerounais n'ont pas accès à une électricité fiable, ce qui entrave le développement économique et social. La nouvelle direction de Socadel pourrait donc être jugée sur sa capacité à résoudre cette problématique.\n\nUn regard vers l'avenir\n\nLes enjeux économiques sont considérables. La renationalisation pourrait également attirer des investissements étrangers, si la gestion de Socadel s'avère efficace. Toutefois, le spectre de la corruption, qui a entaché le secteur public par le passé, risque de freiner ces ambitions. Pour convaincre les potentiels investisseurs, la société devra prouver son sérieux et son engagement à respecter les normes de bonne gouvernance.\n\nLes syndicats de travailleurs expriment un mélange d'optimisme et d'inquiétude. Ils saluent la fin de la gestion privée d'Eneo, mais craignent également pour l'avenir de l'emploi. Un représentant syndical a affirmé : « Nous espérons que cette renationalisation apportera des améliorations, mais nous restons vigilants sur la façon dont les choses vont évoluer. »\n\nLa route qui attend Socadel semble semée d'embûches. Les attentes sont élevées, mais les ressources seront limitées, et il faudra du temps pour voir des résultats concrets. Les acteurs du secteur électrique, qu'ils soient publics ou privés, devront collaborer pour faire face aux défis qui se dressent devant eux. \n\nÀ court terme, les observateurs s'interrogent sur la gestion des contrats en cours avec les fournisseurs d'énergie. Compte tenu des enjeux, il sera intéressant de suivre l'évolution de cette nouvelle entité dans les mois à venir. Un premier bilan pourrait être dressé d'ici la fin de l'année, permettant d'évaluer les progrès réalisés par la nouvelle Société camerounaise d’électricité.","image_url":"/img/37f0959b.jpg","created_at":"2026-05-05 13:01:38.208449","excerpt":"","category":"Monde"}