Onyx Infos

Au plus bas depuis quatre mois: seulement deux navires ont traversé le détroit d'Ormuz lundi, contre 140 avant la guerre

Economie · · Par Julie MOREAU

Au plus bas depuis quatre mois: seulement deux navires ont traversé le détroit d'Ormuz lundi, contre 140 avant la guerre

Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz a atteint lundi 24 août un niveau historiquement bas depuis quatre mois, avec seulement deux navires de transport rec

Le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz a atteint lundi 24 août un niveau historiquement bas depuis quatre mois, avec seulement deux navires de transport recensés. Cette donnée, publiée par les observateurs du secteur, illustre l'ampleur des perturbations qui frappent cette voie stratégique par laquelle transite normalement un cinquième du transport maritime mondial d'hydrocarbures. Avant le déclenchement du conflit, entre 130 et 140 navires empruntaient quotidiennement ce passage. ### Un trafic effondré depuis le début du conflit Les chiffres communiqués lundi font état d'une moyenne mobile sur dix jours de seulement 14 navires, contre 130 à 140 avant le début de la guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l'Iran le 28 février. Cette baisse drastique s'explique par la fermeture de facto de la voie par Téhéran, intervenue rapidement après le déclenchement des hostilités. Les données pourraient toutefois être légèrement sous-estimées, certains navires ayant désactivé leurs transpondeurs lors de leur passage afin d'éviter d'être identifiés. Les observateurs du secteur maritime soulignent que ce niveau de fréquentation, le plus faible depuis le début du mois de mai, témoigne d'une paralysie quasi totale du trafic commercial dans la zone. ### Durcissement des sanctions américaines et riposte iranienne Dans ce contexte déjà tendu, l'administration du président américain Donald Trump a annoncé lundi un renforcement des sanctions secondaires visant les entités et les pays entretenant des relations commerciales avec l'Iran. Washington n'a toutefois pas dévoilé de nouvelles pénalités concrètes, se contentant de durcir le ton face à Téhéran. En réaction, l'Iran a déclaré avoir inscrit 45 pétroliers sur une liste noire pour avoir enfreint ses règles relatives au passage dans le détroit. Cette mesure pourrait dissuader davantage les armateurs de tenter la traversée, alors que les compagnies maritimes évaluent déjà les risques liés à cette route. ### Des conséquences économiques majeures pour le transport pétrolier La quasi-fermeture du détroit d'Ormuz a des répercussions directes sur le marché des hydrocarbures. Les tarifs des pétroliers ont flambé, atteignant des sommets qui font la fortune des armateurs. Selon des données récentes, certaines journées de location atteignent désormais 524.000 dollars, un niveau sans précédent qui reflète la prime de risque imposée par la situation géopolitique. Les compagnies maritimes doivent en effet composer avec des itinéraires alternatifs plus longs et plus coûteux, tandis que les assureurs ont considérablement relevé leurs primes pour les navires transitant dans la zone. Téhéran, de son côté, se dit convaincu que ses principaux partenaires commerciaux résisteront à la campagne de pression menée par Washington, malgré les menaces de représailles iraniennes face au durcissement annoncé des sanctions américaines. ### Une issue incertaine pour le commerce mondial La situation actuelle soulève des interrogations sur la capacité des acteurs économiques à s'adapter à cette nouvelle donne. Le détroit d'Ormuz demeure un point de passage essentiel pour le transport mondial d'hydrocarbures, et sa fermeture prolongée pourrait avoir des conséquences durables sur les prix de l'énergie et la sécurité des approvisionnements. Alors que les négociations diplomatiques semblent au point mort, les observateurs s'interrogent sur la durée de cette paralysie et sur les scénarios possibles de normalisation. La décision de l'Iran de maintenir sa liste noire de pétroliers et la détermination affichée par Washington à durcir ses sanctions laissent présager une poursuite des tensions dans les semaines à venir, avec des répercussions potentiellement majeures pour l'économie mondiale.