Attentat à Monaco : depuis son exil doré, Vadim Ermolaev poursuivait ses activités en Ukraine malgré les sanctions

Attentat à Monaco : depuis son exil doré, Vadim Ermolaev poursuivait ses activités en Ukraine malgré les sanctions Lundi 29 juin 2026, un attentat à l’engin exp
Attentat à Monaco : depuis son exil doré, Vadim Ermolaev poursuivait ses activités en Ukraine malgré les sanctions
Lundi 29 juin 2026, un attentat à l’engin explosif a visé l’oligarque ukrainien Vadim Ermolaev, 58 ans, dans le hall d’un immeuble résidentiel de Monaco, faisant également des victimes parmi son fils et sa compagne. Selon des informations rapportées par Le Figaro, cet homme d’affaires originaire de Dnipro, condamné en 2023 pour ses activités en Crimée annexée, aurait continué à opérer en Ukraine depuis son exil sur la Côte d’Azur, défiant ainsi les sanctions internationales et nationales qui le frappaient.
Un exil doré sur le Rocher
Vadim Ermolaev faisait partie de ce que la presse ukrainienne a surnommé « le bataillon Monaco » — un groupe d’Ukrainiens fortunés ayant fui la guerre pour s’installer sur la Côte d’Azur. Dans un documentaire du média Oukraïnska Pravda, diffusé en août 2022, il apparaissait menant grand train entre Bentley, mégayacht et villas de luxe, un mode de vie qui avait suscité un scandale en Ukraine, alors en guerre. Toutefois, cet exil doré ne l’aurait pas protégé des représailles, ni des poursuites judiciaires. D’après des sources proches du dossier, Ermolaev aurait conservé un réseau d’influence et des intérêts économiques dans son pays natal, notamment via des intermédiaires et des sociétés écrans.
Un empire bâti dans les années 1990
L’oligarque a construit sa fortune dans les années 1990 en fondant l’Alef Business Group, devenu l’un des plus grands holdings privés de la région de Dnipro. Actif dans l’immobilier, les centres commerciaux, la construction, l’agriculture, les mines et la production de spiritueux, ce groupe lui aurait permis de tisser des liens étroits avec le pouvoir local et de consolider une influence économique considérable. Cependant, ses activités en Crimée annexée, après 2014, lui ont valu une condamnation en 2023 par les autorités ukrainiennes, qui l’accusaient de contourner les sanctions et de financer indirectement l’occupation russe. Selon Le Figaro, cette condamnation n’aurait pas mis un terme à ses affaires, mais les aurait plutôt poussées dans une zone grise, depuis Monaco.
Des activités persistantes malgré les sanctions
Malgré les sanctions imposées par Kiev et les instances internationales, Vadim Ermolaev aurait continué à gérer ses actifs ukrainiens à distance. Des enquêtes menées par des médias ukrainiens, citées par Le Figaro, suggèrent qu’il utilisait des prête-noms et des structures offshore pour maintenir le contrôle de ses entreprises, notamment dans le secteur minier et agricole de la région de Dnipro. Cette persistance soulève des questions sur l’efficacité des sanctions, d’autant plus que l’oligarque bénéficiait d’un réseau de protection juridique et financier sur le Rocher. L’attentat dont il a été victime pourrait être lié à ces activités controversées, bien que les motivations exactes restent à déterminer par les enquêteurs monégasques et ukrainiens.
Un contexte de tensions géopolitiques
Cet événement intervient dans un climat de tensions accrues entre l’Ukraine et la Russie, où les oligarques proches de l’ancien régime sont souvent la cible de règlements de comptes ou d’opérations de déstabilisation. Monaco, de son côté, se trouve sous les projecteurs en raison de sa réputation de refuge pour les fortunes controversées. Selon des experts en géopolitique interrogés par Le Figaro, l’attentat pourrait être le signe d’une escalade dans les luttes d’influence autour des avoirs ukrainiens à l’étranger. Les autorités monégasques, en collaboration avec Interpol, auraient ouvert une enquête approfondie pour déterminer les responsabilités, tandis que Kiev suit de près l’évolution de l’affaire, craignant qu’elle n’entraîne des répercussions diplomatiques.