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Assassinat de Federico Martin Aramburu : avant le procès, plongée dans l’engrenage mortifère qui a coûté la vie au rugbyman argentin

Une · · Par Claire BERNARD

Assassinat de Federico Martin Aramburu : avant le procès, plongée dans l’engrenage mortifère qui a coûté la vie au rugbyman argentin

Le 19 mars 2022, l’ancien rugbyman international argentin Federico Martín Aramburu est abattu de plusieurs balles sur le boulevard Saint-Germain, à Paris, dans

Le 19 mars 2022, l’ancien rugbyman international argentin Federico Martín Aramburu est abattu de plusieurs balles sur le boulevard Saint-Germain, à Paris, dans le 6e arrondissement. Ce qui s’apparentait à une banale altercation à la terrasse d’un café a basculé, en l’espace d’une minute, en une chasse à l’homme mortifère. Loïk Le Priol et Romain Bouvier, tous deux proches de l’ultradroite radicale, sont jugés à partir de lundi devant la cour d’assises de Paris pour cet assassinat. ## Une nuit qui tourne au drame Dans la nuit du 18 au 19 mars 2022, Federico Martín Aramburu, figure du Biarritz Olympique et ancien international argentin, se trouve à la terrasse d’un café du 6e arrondissement de la capitale. Selon des informations rapportées par Le Figaro, une altercation verbale éclate avec un groupe d’hommes, parmi lesquels Loïk Le Priol, ancien membre du GUD (Groupe union défense), mouvement emblématique de l’ultradroite historique. La dispute, qui aurait pu en rester à des échanges de mots, dégénère rapidement lorsque les protagonistes décident de quitter les lieux. L’ancien sportif de 42 ans, père de trois enfants, est alors pris en chasse dans les rues avoisinantes. La scène, filmée par des caméras de vidéosurveillance, montre une course-poursuite d’une violence inouïe, ponctuée de tirs. En moins de soixante secondes, dix coups de feu sont déchargés par Loïk Le Priol et Romain Bouvier. Une première salve atteint Federico Martín Aramburu à la cuisse droite et au thorax, tandis qu’une seconde le touche dans le dos. Les projectiles transpercent un poumon, un rein et le foie, provoquant une hémorragie interne massive. ## Une issue fatale malgré l’intervention des secours Malgré les premiers soins prodigués sur place et l’arrivée rapide des équipes médicales, le rugbyman ne survit pas à ses blessures. Son décès est constaté par un médecin à 6 h 48 du matin, le 19 mars 2022, devant une boutique du 144, boulevard Saint-Germain. La nouvelle de sa mort suscite une vive émotion dans le monde du rugby, où Federico Martín Aramburu était apprécié pour son engagement et sa générosité sur le terrain comme en dehors. Il avait notamment porté les couleurs du Biarritz Olympique, club avec lequel il avait marqué les esprits par sa combativité. Les deux tireurs, eux, prennent la fuite immédiatement après les faits. Loïk Le Priol, ancien membre du GUD, est interpellé quelques jours plus tard en Hongrie, tandis que Romain Bouvier est arrêté en France. Leur profil, ancré dans les milieux de l’ultradroite parisienne, alimente rapidement les enquêtes préliminaires. Selon des éléments rapportés par la presse, les deux hommes étaient connus des services de renseignement pour leur appartenance à des mouvances radicales, bien que leurs antécédents judiciaires fussent alors limités. ## Un procès sous haute surveillance Le procès qui s’ouvre lundi devant la cour d’assises de Paris intervient plus de quatre ans après les faits. Loïk Le Priol est jugé pour assassinat, tandis que Romain Bouvier est poursuivi pour les mêmes chefs, en tant que coauteur présumé. Les débats devraient notamment se concentrer sur la préméditation, élément central pour qualifier les faits d’assassinat plutôt que de meurtre. Selon les investigations, les deux hommes auraient poursuivi leur victime sur plusieurs centaines de mètres, ce qui tendrait à démontrer une intention délibérée de donner la mort. L’audience, qui doit durer plusieurs semaines, s’annonce particulièrement suivie, tant en raison du profil des accusés que des circonstances du drame. Les avocats de la famille de Federico Martín Aramburu entendent obtenir des éclaircissements sur les motivations exactes des tireurs, alors que l’hypothèse d’une rixe ayant dégénéré côtoie celle d’un règlement de comptes lié à des fréquentations radicales. Les témoignages des proches de la victime, ainsi que l’analyse des images de vidéosurveillance, devraient nourrir les débats sur l’engrenage qui a conduit à cette nuit tragique. ## Une affaire qui interroge la violence des milieux radicaux Au-delà du drame individuel, cette affaire met en lumière les tensions persistantes au sein des mouvances d’extrême droite radicale en France. Le GUD, dissout en 2024, a longtemps été considéré comme un vivier de militants aguerris, rompus aux affrontements physiques et parfois impliqués dans des trafics d’armes. Loïk Le Priol, qui avait suivi une formation militaire, était également connu pour ses liens avec des groupes de supporters violents, notamment dans le milieu du football. Cette double appartenance, entre militantisme radical et sociabilité sportive, pourrait expliquer la rapidité avec laquelle une altercation banale a viré au drame. Les enquêteurs s’interrogent toutefois sur les circonstances précises ayant conduit à la présence d’une arme à feu cette nuit-là. Selon des sources proches du dossier, l’arme utilisée, un pistolet de calibre 9 mm, n’aurait pas été déclarée et provenait probablement d’un trafic parallèle. Ces éléments, s’ils sont confirmés lors des audiences, pourraient alourdir la responsabilité des accusés, déjà confrontés à des réquisitions sévères. La cour devra également se prononcer sur l’éventuelle participation d’un troisième homme, évoquée par certaines témoignages, bien qu’aucune mise en examen n’ait été prononcée à ce stade. ## Des enjeux mémoriels et familiaux Pour la famille de Federico Martín Aramburu, ce procès représente une étape cruciale dans un cheminement de deuil entamé il y a plus de quatre ans.