"Arrêtez de nous gruger": les compagnies aériennes fustigent à nouveau les fabricants de moteurs d'avion

# "Arrêtez de nous gruger": les compagnies aériennes fustigent à nouveau les fabricants de moteurs d'avion Les compagnies aériennes mondiales, réunies à Rio de
# "Arrêtez de nous gruger": les compagnies aériennes fustigent à nouveau les fabricants de moteurs d'avion
Les compagnies aériennes mondiales, réunies à Rio de Janeiro pour le sommet annuel de l'Association du transport aérien international (Iata), ont lancé une charge virulente contre les fabricants de moteurs d'avion. Selon Willie Walsh, directeur général de l'Iata, les défaillances des chaînes de production auraient coûté au secteur au moins 11 milliards de dollars en 2025, un chiffre qui illustre l'ampleur de la crise industrielle qui secoue l'aviation commerciale.
## Des performances jugées "mauvaises" par l'Iata
"Ils sont tous mauvais en ce moment", a déclaré Willie Walsh lors d'une conférence de presse tenue dimanche en marge de l'assemblée générale de l'Iata. Le dirigeant irlandais, ancien patron de British Airways, n'a pas mâché ses mots à l'encontre des industriels comme CFM International (coentreprise entre GE Aerospace et Safran), Pratt & Whitney ou encore Rolls-Royce. "Si j'étais fabricant de moteurs, je ne serais pas ravi de mes performances", a-t-il ajouté, dans des propos rapportés par BFM Business. Les retards de livraisons et le manque de fiabilité des produits sont pointés du doigt, alors que les compagnies subissent des coûts supplémentaires en carburant, leurs flottes étant "moins efficaces que prévu".
## Un manque de 5 000 appareils et une flotte vieillissante
Les chiffres dévoilés par Willie Walsh dressent un tableau préoccupant. Les carnets de commandes comptent actuellement 18 000 appareils en attente de livraison, tandis que l'âge moyen de la flotte mondiale a atteint un record de 15,2 ans. "Le manque de plus de 5 000 appareils économes en carburant sur lesquels nous comptions se traduisent en gains perdus pour notre consommation", a détaillé le directeur général de l'Iata. Cette situation pénalise directement les compagnies, qui voient leurs coûts d'exploitation grimper alors que les marges sont déjà sous pression. Le discours de Walsh, applaudi par les dirigeants présents, reflète un mécontentement croissant face à l'incapacité des fournisseurs à tenir leurs engagements.
## "Arrêtez de nous gruger", le message sans détour aux industriels
Willie Walsh a adressé un message "simple" aux fabricants de moteurs : "Arrêtez de nous gruger et revenez à la fabrication de bons moteurs, qui fonctionnent et qui durent." Cette sortie, rapportée par BFM Business, traduit une exaspération profonde face à des problèmes récurrents depuis la pandémie de Covid-19. Les industriels, de leur côté, invoquent des perturbations persistantes sur leurs propres chaînes d'approvisionnement, liées notamment à des barrières au commerce international et à une pénurie de composants. Cependant, pour les compagnies aériennes, ces explications ne suffisent plus à justifier des défaillances qui pèsent lourdement sur leur rentabilité.
## Un conflit aux implications majeures pour le secteur
Cette passe d'armes entre les transporteurs et les motoristes intervient dans un contexte de reprise post-pandémique où la demande de voyages ne cesse de croître. Les tensions sur les chaînes d'approvisionnement, combinées à des exigences environnementales accrues, compliquent la tâche des fabricants, mais les compagnies estiment que ceux-ci doivent accélérer leurs efforts. L'Iata, qui représente environ 290 compagnies aériennes dans le monde, entend maintenir la pression. La question des moteurs d'avion, au cœur de la performance et de la durabilité des flottes, pourrait bien devenir un enjeu central des négociations à venir entre les acteurs de l'industrie aéronautique.