Onyx Infos

Arnaques bancaires : "On se laisse totalement déborder", mais pourquoi cédons-nous face aux escrocs ?

Une · · Par Claire BERNARD

Arnaques bancaires :

## Arnaques bancaires : face à des escrocs toujours plus habiles, des victimes qui se disent « totalement débordées » La fraude par manipulation a bondi de 34 %

## Arnaques bancaires : face à des escrocs toujours plus habiles, des victimes qui se disent « totalement débordées » La fraude par manipulation a bondi de 34 % en un an pour atteindre 516 millions d'euros en 2025, selon le dernier rapport de l'Observatoire des moyens de paiement publié le 9 septembre 2026. Derrière ces chiffres, une question demeure : pourquoi des personnes averties cèdent-elles face à des escrocs qu'elles n'ont jamais vus ? ## Une progression spectaculaire de la fraude par manipulation Selon les données rapportées par l'Observatoire des moyens de paiement, la fraude par manipulation a progressé de 34 % en l'espace d'un an, pour représenter 516 millions d'euros en 2025. Cette catégorie de fraude se distingue des usurpations classiques de données bancaires : elle repose non pas sur un vol technique d'informations, mais sur une emprise psychologique exercée directement sur la victime. D'après les éléments relayés par Midi Libre, les personnes visées décrivent fréquemment un sentiment de submersion, allant jusqu'à déclarer qu'elles se sont « totalement laissées déborder » par la situation. Ce phénomène interroge d'autant plus que les campagnes de sensibilisation se sont multipliées ces dernières années. ## Des mécanismes psychologiques bien rodés Plusieurs facteurs pourraient expliquer cette vulnérabilité. Les escrocs exploiteraient notamment l'urgence et l'autorité pour court-circuiter le raisonnement critique de leurs cibles. En effet, la mise en scène d'un conseiller bancaire, d'un service anti-fraude ou d'une autorité administrative créerait un cadre de confiance difficile à remettre en question dans l'instant. Par ailleurs, la sophistication croissante des techniques — usurpation de numéros, interférence téléphonique, faux sites — rendrait la vérification de l'interlocuteur de plus en plus complexe. Selon des sources spécialisées dans la sécurité des paiements, ces dispositifs joueraient sur des ressorts émotionnels puissants : peur de perdre son argent, sentiment d'obligation, honte anticipée. ## Un profil de victime qui échappe aux idées reçues Les observations disponibles sembleraient contredire l'idée selon laquelle seules les personnes âgées ou peu familières du numérique seraient concernées. Des victimes de tous âges et de tous milieux continueraient de se manifester, ce qui suggère que le facteur déterminant résiderait moins dans la compétence technique que dans l'état psychologique au moment de l'échange. La fatigue, la précipitation ou un contexte personnel fragilisant pourraient ainsi abaisser les défenses habituelles. Toutefois, l'ampleur exacte de ce phénomène reste difficile à mesurer, toutes les victimes ne déposant pas plainte. ## Vers un renforcement des dispositifs de protection Face à cette progression, les autorités et les établissements bancaires pourraient être amenés à renforcer leurs dispositifs d'alerte et de remboursement. La question de la responsabilité partagée entre la banque et le client demeure un point sensible, notamment lorsque la fraude repose sur une manipulation et non sur une négligence manifeste. D'après des sources institutionnelles, la coordination entre les acteurs du secteur semblerait s'intensifier, sans que l'on puisse encore en mesurer les effets concrets sur les montants détournés.