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Arnaque au faux conseiller bancaire: "La banque n'a pas besoin de vous pour arrêter une opération de paiement frauduleuse", explique Pierre Bienvenu (Banque de France)

Economie · · Par Julie MOREAU

Arnaque au faux conseiller bancaire:

L'arnaque au faux conseiller bancaire continue de faire des ravages en France, poussant la Banque de France à rappeler un principe essentiel : aucun établisseme

L'arnaque au faux conseiller bancaire continue de faire des ravages en France, poussant la Banque de France à rappeler un principe essentiel : aucun établissement légitime ne demande à un client d'effectuer des manipulations sur son compte pour bloquer une transaction frauduleuse. Pierre Bienvenu, représentant de l'institution, a tenu à clarifier ce point crucial lors d'une intervention relayée par BFM Business, afin d'alerter le public sur les mécanismes de cette escroquerie de plus en plus sophistiquée. ### Un réflexe à bannir : obéir aux instructions par téléphone Selon Pierre Bienvenu, la règle est simple et absolue : "La banque n'a pas besoin de vous pour arrêter une opération de paiement frauduleuse." Cette déclaration vise à déconstruire le scénario type employé par les fraudeurs. Ces derniers se font passer pour des conseillers bancaires, souvent en usurpant le numéro de téléphone de l'agence grâce à une technique de spoofing, et affirment qu'un paiement suspect est en cours. Pour le "bloquer", ils incitent la victime à lire un code reçu par SMS, à valider des opérations via son application mobile ou même à installer un logiciel de prise en main à distance. Cette mise en garde intervient dans un contexte où les signalements pour ce type de fraude ont atteint des sommets ces derniers mois. Les victimes, souvent des personnes âgées mais pas uniquement, se retrouvent délestées de plusieurs milliers d'euros en quelques minutes. L'argument de l'urgence est le principal levier psychologique utilisé : le faux conseiller insiste sur la nécessité d'agir immédiatement pour éviter une perte sèche, ce qui pousse la victime à suspendre son esprit critique et à coopérer avec le malfaiteur. ### Des mécanismes internes de sécurité déjà en place L'explication de Pierre Bienvenu repose sur une réalité technique du secteur bancaire. Les établissements disposent de systèmes de détection des fraudes et de blocage des transactions qui peuvent être activés en interne, sans aucune action du client. Si une opération est réellement jugée anormale, la banque peut la suspendre ou la geler de manière autonome, puis contacter le titulaire du compte via un canal officiel et vérifiable. Aucune procédure légitime n'implique de demander au client de fournir des codes de validation personnels ou de réaliser des actions sur son espace sécurisé pendant un appel entrant non sollicité. Cette précision de la Banque de France souligne un paradoxe inquiétant : plus les banques renforcent leurs protocoles de sécurité, plus les fraudeurs exploitent la méconnaissance de ces protocoles par le public. En simulant une urgence liée à une fraude, ils créent un sentiment de panique qui court-circuite la logique. L'institution financière insiste donc sur la nécessité de raccrocher immédiatement dès qu'une demande de ce type est formulée, puis de rappeler soi-même sa banque en utilisant le numéro figurant au dos de la carte bancaire pour vérifier la véracité de l'appel. ### Des conséquences financières lourdes pour les victimes La recrudescence de ces arnaques a des conséquences financières considérables. Dans la majorité des cas recensés, les fonds transférés vers les comptes des fraudeurs sont quasi impossibles à récupérer rapidement. Les victimes se heurtent ensuite à une longue procédure de remboursement auprès de leur assureur ou de leur banque, avec un taux de succès variable. En effet, si la victime a elle-même validé l'opération en fournissant les codes de sécurité, les banques considèrent souvent qu'il s'agit d'une négligence fautive, ce qui complique l'indemnisation. Face à ce constat, les autorités multiplient les campagnes de prévention pour marteler ce message de prudence. L'enjeu est de taille : il s'agit de faire comprendre que la sécurité des comptes repose sur la confidentialité absolue des données personnelles. Aucun conseiller ne doit jamais les demander. La Banque de France, par la voix de Pierre Bienvenu, espère ainsi inverser la tendance en donnant aux citoyens les bons réflexes. La perspective est claire : seule la méfiance systématique face à un appel non sollicité, même s'il semble provenir d'un numéro officiel, permettra d'endiguer ce fléau qui prospère sur la crédulité et la peur.