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Arc 1825 veut relancer la verrerie made in France

Economie · · Par Julie MOREAU

Arc 1825 veut relancer la verrerie made in France

Introduction Le secteur verrier français, longtemps fragilisé par la concurrence internationale et la hausse des coûts de l’énergie, pourrait connaître un rebon

Introduction

Le secteur verrier français, longtemps fragilisé par la concurrence internationale et la hausse des coûts de l’énergie, pourrait connaître un rebond inattendu. La société Arc 1825, héritière d’un savoir-faire séculaire dans le nord de la France, annonce une stratégie de relance de la production de verre made in France. Ce projet, qui s’inscrit dans un contexte de réindustrialisation et de souveraineté économique, ambitionne de redonner des lettres de noblesse à une filière qui emploie encore plusieurs milliers de personnes sur le territoire.

Un héritage industriel à préserver

Arc 1825, dont le nom évoque la création de la cristallerie d’Arques en 1825, est l’un des derniers bastions de la verrerie française. L’entreprise, basée dans le Pas-de-Calais, a traversé des décennies de mutations, entre délocalisations partielles et restructurations. Selon les informations rapportées par BFM Business, la direction souhaite aujourd’hui inverser la tendance en misant sur la production locale. Le projet s’appuierait sur des investissements dans des fours plus modernes et moins énergivores, condition sine qua non pour rester compétitif face aux géants asiatiques et européens. Le groupe entend également valoriser le label « Origine France Garantie » pour séduire des clients sensibles à l’empreinte carbone et à la traçabilité des produits.

Les défis économiques et énergétiques

La relance de la verrerie made in France ne se fera pas sans obstacles. Le secteur est particulièrement exposé aux fluctuations du prix du gaz, qui représente jusqu’à 30 % des coûts de production pour un verrier. Arc 1825 devrait bénéficier, selon des sources proches du dossier, d’un accompagnement de l’État dans le cadre du plan France 2030, qui prévoit des aides à la décarbonation des sites industriels. Par ailleurs, la pénurie de main-d’œuvre qualifiée dans les métiers du verre reste un frein : les souffleurs, les verriers et les techniciens de maintenance sont de plus en plus rares. L’entreprise pourrait lancer des formations en partenariat avec des lycées professionnels de la région Hauts-de-France, une piste évoquée lors de récents échanges avec les syndicats.

Une concurrence internationale toujours vive

Le marché mondial du verre est dominé par des acteurs comme le chinois Fuyao Glass ou le belge AGC. Arc 1825 devra donc se différencier par la qualité et l’innovation. Le groupe vise notamment les secteurs du luxe, de la parfumerie et de l’agroalimentaire, où le « made in France » est un argument commercial fort. Selon les analystes, le segment du verre haut de gamme pourrait offrir des marges plus confortables, à condition de maintenir des volumes suffisants. La relance annoncée par Arc 1825 s’inscrit dans une tendance plus large de réindustrialisation, observée dans plusieurs secteurs depuis la crise sanitaire et les tensions sur les chaînes d’approvisionnement.

Conclusion

Arc 1825 tente de conjuguer tradition et modernité pour redynamiser la verrerie française. Si le projet suscite l’espoir dans les territoires, sa réussite dépendra de la capacité de l’entreprise à surmonter les défis énergétiques et à former une nouvelle génération de verriers. Dans un marché globalisé, le pari du made in France reste fragile, mais il témoigne d’une volonté de reconquête industrielle que les pouvoirs publics suivent de près.