Après le recul du PIB entre janvier et mars, le patron du Medef "craint" désormais que l'économie française entre en récession au deuxième trimestre

# PIB en baisse : le patron du Medef redoute une récession au deuxième trimestre Le produit intérieur brut (PIB) français a reculé de 0,1% au premier trimestre
# PIB en baisse : le patron du Medef redoute une récession au deuxième trimestre
Le produit intérieur brut (PIB) français a reculé de 0,1% au premier trimestre 2026 par rapport au dernier trimestre de 2025, selon des données révisées de l’Insee publiées fin mai. Cette contraction, après une première estimation qui faisait état d’une croissance nulle, alimente désormais les inquiétudes du président du Medef, Patrick Martin, qui a déclaré mardi redouter une "récession" de l’économie française au deuxième trimestre.
## Un recul attribué à des facteurs extérieurs
Interrogé lors d’une rencontre avec la presse organisée en amont d’une réunion du B7 — instance réunissant les organisations patronales des pays du G7, dont le Medef assure la présidence cette année — Patrick Martin a affirmé : "Oui, on craint effectivement une récession" pour la période avril-juin. Selon lui, cette dégradation est "essentiellement liée à des facteurs exogènes", au premier rang desquels figure "la crise moyen-orientale dont on se garde de considérer qu'elle va se régler rapidement". Les tensions géopolitiques persistantes pèseraient ainsi lourdement sur les perspectives de croissance hexagonales.
Les chiffres disponibles confirment un climat économique morose. Le recul de 0,1% du PIB au premier trimestre, combiné à la hausse de l’inflation et au repli de la consommation, a ravivé les craintes d’une récession technique, définie par deux trimestres consécutifs de contraction du PIB. Si la tendance se confirmait, la France connaîtrait une situation économique inédite depuis la pandémie de Covid-19.
## Des effets négatifs des mesures fiscales
Au-delà des chocs externes, Patrick Martin a également pointé des "effets négatifs" du gel du barème des allègements de cotisations patronales. Cette mesure, introduite dans le cadre des efforts de redressement des finances publiques, pourrait freiner l’emploi et l’investissement des entreprises. Le patron du Medef estime que ces décisions domestiques amplifient les difficultés nées du contexte international.
Le B7, qui doit se réunir la semaine prochaine à Paris, quelques jours avant le sommet du G7 prévu du 15 au 17 juin à Évian-les-Bains, sera l’occasion pour les organisations patronales de formuler des propositions face à ces défis. Le Medef, qui préside cette instance, entend porter la voix des entreprises auprès des dirigeants des grandes puissances économiques, dans un environnement marqué par l’incertitude géopolitique et commerciale.
## Une conjoncture sous surveillance
Les économistes restent partagés sur la probabilité d’une récession. Si les indicateurs avancés (climat des affaires, commandes industrielles) montrent des signes de faiblesse, certains analystes estiment que l’inflation pourrait ralentir et que la consommation des ménages pourrait se stabiliser. Toutefois, la persistance des tensions au Moyen-Orient et leurs répercussions sur les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement constituent un risque majeur pour l’activité française.
Le gouvernement, de son côté, mise sur les réformes structurelles et les mesures de soutien ciblées pour éviter une spirale récessive. Mais les déclarations de Patrick Martin reflètent une inquiétude croissante du monde patronal, qui redoute que l’économie française ne bascule dans une phase de contraction durable. La publication des chiffres du PIB pour le deuxième trimestre, attendue fin août, sera déterminante pour confirmer ou infirmer ce scénario.