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Après la France, les Pays-Bas réduisent à leur tour leurs réserves d’or stockées aux États-Unis (mais pour des raisons différentes)

Economie · · Par Julie MOREAU

Après la France, les Pays-Bas réduisent à leur tour leurs réserves d’or stockées aux États-Unis (mais pour des raisons différentes)

La banque centrale néerlandaise (DNB) a annoncé mercredi avoir transféré 86 tonnes de ses réserves d'or depuis les États-Unis et le Canada vers Londres, invoqua

La banque centrale néerlandaise (DNB) a annoncé mercredi avoir transféré 86 tonnes de ses réserves d'or depuis les États-Unis et le Canada vers Londres, invoquant « l'instabilité géopolitique croissante ». Cette opération vise à améliorer la « négociabilité » du métal jaune et la rapidité avec laquelle il peut être mobilisé en cas de crise. Elle intervient quelques mois après une décision similaire de la Banque de France, qui a rapatrié 129 tonnes d'or détenues à New York vers Paris, même si les motivations des deux institutions diffèrent sensiblement. ### Un transfert motivé par la préparation aux crises La DNB justifie ce déplacement par la nécessité de renforcer sa « préparation aux crises » face à un environnement international jugé plus instable. Dans un communiqué, l'institution explique que les réserves d'or sont plus facilement négociables depuis Londres que depuis New York ou Ottawa. « Cela permet à la DNB de déployer ses réserves le plus rapidement possible en cas de crise », précise-t-elle. Olaf Sleijpen, président de la banque centrale néerlandaise, a souligné que cette mesure améliore la disponibilité des réserves : « Nous partons du principe que nous n'aurons jamais à y recourir, mais il est néanmoins nécessaire de renforcer notre résilience et notre préparation », a-t-il déclaré. Le choix de Londres n'est pas anodin : la place financière britannique est l'un des principaux marchés mondiaux de l'or, offrant une liquidité et une flexibilité supérieures pour d'éventuelles transactions d'urgence. Le transfert a été réalisé en partie par des opérations d'achat et de vente, et en partie par transport physique du métal, selon les informations communiquées par la DNB. ### Une répartition géographique profondément modifiée Avant cette opération, la banque néerlandaise détenait 31,3 % de son or à New York et 19,7 % à Ottawa. Désormais, les Pays-Bas ne conservent plus que 18,5 % de leurs réserves aux États-Unis et 18,5 % au Canada. La part stockée à Londres est passée de 18,1 % à 32,1 %, tandis que la DNB maintient 30,8 % de son or sur le territoire néerlandais. Les réserves totales d'or des Pays-Bas s'élèvent à 612,4 tonnes, évaluées à 72,2 milliards d'euros fin 2025, selon les chiffres officiels de l'institution. Cette nouvelle répartition témoigne d'une volonté de rapprocher physiquement une plus grande partie du stock d'or des centres de décision européens, tout en conservant une présence significative sur les marchés internationaux. Le choix de Londres comme plateforme de stockage intermédiaire reflète également la recherche d'un équilibre entre sécurité et accessibilité opérationnelle. ### Une démarche distincte de celle de la Banque de France Quelques mois plus tôt, la Banque de France avait procédé à une opération d'une ampleur différente : elle a remplacé les 129 tonnes d'or qu'elle détenait à New York par des lingots désormais conservés à Paris. Si les deux mouvements traduisent une même méfiance croissante vis-à-vis du stockage à l'étranger, les raisons invoquées divergent. La France a mis en avant des considérations de souveraineté et de sécurité à long terme, tandis que les Pays-Bas insistent sur la rapidité de mobilisation en cas de crise. Les observateurs notent que ces décisions s'inscrivent dans un contexte de tensions géopolitiques accrues et de remise en question des équilibres financiers internationaux. Plusieurs banques centrales européennes pourraient être tentées de suivre cet exemple, même si les coûts logistiques et les implications diplomatiques d'un tel rapatriement restent importants. Cette évolution soulève des questions sur la fiabilité perçue des grands dépôts de l'étranger, notamment aux États-Unis, et sur la stratégie à long terme des institutions monétaires européennes. Elle illustre également la place centrale que conserve l'or comme valeur refuge dans les dispositifs de sécurité financière des États, malgré l'émergence d'actifs numériques et de nouvelles formes de réserves.