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Après la France et l'Europe, au tour des Etats-Unis de taxer les petits colis venus de Chine (cela pourrait leur rapporter 11 milliards de dollars)

Economie · · Par Julie MOREAU

Après la France et l'Europe, au tour des Etats-Unis de taxer les petits colis venus de Chine (cela pourrait leur rapporter 11 milliards de dollars)

## Washington met fin à l'exemption douanière sur les petits colis chinois Un tribunal américain a validé jeudi le décret signé par Donald Trump l'été dernier s

## Washington met fin à l'exemption douanière sur les petits colis chinois Un tribunal américain a validé jeudi le décret signé par Donald Trump l'été dernier supprimant l'exemption dite "de minimis" pour les petits colis importés aux États-Unis. Cette décision pourrait rapporter près de 11 milliards de dollars en droits de douane, selon les estimations du président américain. Elle s'inscrit dans un mouvement plus large de durcissement occidental à l'égard des géants chinois du e-commerce comme Shein, Temu ou AliExpress, après la taxe française puis la taxe européenne. ### Une décision judiciaire qui confirme le décret présidentiel Le tribunal pour le Commerce international (CIT) de New York a rejeté les recours déposés par plusieurs importateurs, qui estimaient que Donald Trump avait outrepassé ses pouvoirs en annulant cette exemption. Les juges ont au contraire considéré que le président était dans son droit, qualifiant l'exemption "de minimis" de simple "privilège" et non d'un droit acquis. Cette exemption permettait auparavant d'envoyer des colis postaux d'une valeur inférieure à 800 dollars sans payer de surtaxe douanière. Désormais, seuls les "cadeaux reçus de bonne foi" à titre privé et d'une valeur inférieure à 100 dollars peuvent encore bénéficier de cette mesure dérogatoire. Sur son réseau Truth Social, le président républicain s'est félicité de la décision, affirmant avoir "mis fin à ce cadeau ridicule et fait en sorte que les biens étrangers se voient appliquer les règles". Il convient de noter que l'administration Biden avait déjà lancé une première enquête visant spécifiquement les petits colis en provenance de Chine, signe d'une continuité transpartisane sur ce dossier. ### Une explosion des volumes et des risques associés Le phénomène a pris une ampleur considérable outre-Atlantique. Selon les données gouvernementales citées par BFM Business, l'envoi de colis est passé de 134 millions d'unités en 2015 à plus de 1,36 milliard en 2024, soit une multiplication par dix en moins d'une décennie. Cette croissance exponentielle s'explique notamment par l'essor fulgurant des plateformes chinoises de vente en ligne directe aux consommateurs. L'Agence de protection des frontières (CBP) a dressé un bilan particulièrement alarmant concernant ces petits envois. Ils représenteraient 98% des narcotiques, 97% des contrefaçons et 70% des produits dangereux pour la santé saisis durant l'année 2024. Ces chiffres, avancés par l'agence fédérale, justifient selon les autorités américaines la nécessité de renforcer les contrôles et d'aligner le traitement de ces colis sur celui des importations traditionnelles. Le manque à gagner pour le Trésor américain est également substantiel. Le président a estimé que ces exemptions représentaient environ 11 milliards de dollars de recettes douanières non perçues. Ce montant, s'il était confirmé, constituerait une source de financement non négligeable dans un contexte budgétaire contraint. ### Une convergence occidentale contre les géants chinois Cette décision américaine s'inscrit dans une séquence diplomatique et commerciale plus large. La France avait déjà instauré une taxe spécifique sur les petits colis, suivie par une initiative européenne visant à harmoniser les pratiques au sein de l'Union. L'Occident semble ainsi se liguer progressivement contre les modèles économiques de Shein, Temu et AliExpress, qui reposent en partie sur l'envoi direct de marchandises à bas prix depuis la Chine. Reste à observer les conséquences concrètes de cette mesure sur les prix pratiqués par ces plateformes et sur les habitudes de consommation des Américains. Les importateurs ayant contesté le décret pourraient également poursuivre la bataille judiciaire, bien que la décision du CIT constitue un revers significatif pour leurs positions.