Après un bond de 20% en 2025, les dépenses militaires des pays européens de l'Otan et du Canada progresseront encore de 11% en 2026

Introduction Les dépenses militaires des pays européens membres de l'Otan et du Canada poursuivent leur escalade, avec une nouvelle hausse de 11 % attendue en 2
Introduction
Les dépenses militaires des pays européens membres de l'Otan et du Canada poursuivent leur escalade, avec une nouvelle hausse de 11 % attendue en 2026, après un bond de 20 % enregistré en 2025. Selon les estimations dévoilées par l'Alliance atlantique lors de son sommet à Ankara, ces nations devraient consacrer 634 milliards de dollars à leurs budgets de défense l'année prochaine, contre 571 milliards en 2025. Cette accélération des investissements intervient dans un contexte de tensions géopolitiques et de pressions répétées de Washington sur ses alliés pour qu'ils augmentent leur contribution.
Une progression spectaculaire mais en ralentissement
Les chiffres publiés mardi par l'Otan, au premier jour du sommet réuni à Ankara, confirment une tendance de fond : les dépenses militaires des Alliés européens et du Canada ont connu une hausse exceptionnelle en 2025, avec une progression de 20 % par rapport à l'année précédente. Pour 2026, l'augmentation estimée à 11 % représente un rythme moins soutenu, mais reste significative dans l'histoire récente de l'Alliance. Le montant total de 634 milliards de dollars illustre l'effort budgétaire consenti par ces pays, qui tentent de répondre aux exigences de sécurité collective tout en faisant face à des contraintes économiques internes. Ces données ont été présentées alors que le président américain Donald Trump, arrivé dans l'après-midi à Ankara, a une nouvelle fois dénoncé l'écart entre les dépenses militaires américaines et celles de ses alliés européens et canadien.
Des objectifs ambitieux pour 2035
L'an dernier, les 32 pays membres de l'Otan se sont engagés à consacrer d'ici 2035 au moins 5 % de leur Produit intérieur brut (PIB) à leurs dépenses de sécurité, dont 3,5 % pour les dépenses militaires stricto sensu. En 2026, les Alliés européens et le Canada devraient atteindre 2,53 % de leur PIB en dépenses militaires, en légère hausse par rapport aux 2,31 % enregistrés en 2025. Toutefois, les disparités restent marquées entre les nations. Cinq pays ont déjà franchi le cap des 5 % de dépenses de sécurité : la Pologne, la Lituanie, la Lettonie, l'Estonie et la Grèce. Ils n'étaient que trois l'an dernier (Pologne, Lituanie et Lettonie), signe d'une mobilisation accrue, notamment parmi les États baltes, directement exposés aux menaces venues de l'Est.
La France progresse mais reste en deçà de l'objectif
La France, pour sa part, a consacré 2,22 % de son PIB aux dépenses militaires stricto sensu en 2026, contre 2,04 % l'année précédente. Cette progression, bien que modeste, témoigne d'un effort budgétaire soutenu dans un contexte de contraintes financières. Les États-Unis, de leur côté, devraient maintenir leur niveau de dépenses à 3,17 % de leur PIB, soit le même chiffre que l'année précédente. L'engagement pris par les pays de l'Otan en 2014 d'atteindre les 2 % d'ici 2024 a été globalement respecté, mais un pays fait exception : la Slovénie, selon les estimations de l'Alliance, devrait se situer à 1,62 %, en dessous du seuil minimal. Ce sommet d'Ankara a également été l'occasion pour les membres de l'Otan de dévoiler une série de contrats d'armement, renforçant ainsi la coopération industrielle au sein de l'Alliance.
Conclusion
La dynamique de hausse des budgets militaires européens et canadiens, bien que ralentie en 2026, confirme un réarmement structurel face à un environnement géopolitique instable. Les objectifs fixés pour 2035, avec un seuil de 5 % du PIB, restent ambitieux et ne sont pour l'instant atteints que par une poignée de pays. La pression américaine, combinée aux menaces sécuritaires, devrait continuer de pousser les Alliés à accroître leurs efforts, même si les contraintes budgétaires nationales pourraient limiter la cadence de cette progression.