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Après le Bloc montpelliérain, les groupes d’ultradroite Patria Albiges et d’ultragauche Front de Rue dans le viseur du gouvernement

Une · · Par Claire BERNARD

Après le Bloc montpelliérain, les groupes d’ultradroite Patria Albiges et d’ultragauche Front de Rue dans le viseur du gouvernement

# Ultradroite et ultragauche : Patria Albiges et Front de Rue dans le viseur du gouvernement Ce mercredi 3 juin, le gouvernement a annoncé son intention de diss

# Ultradroite et ultragauche : Patria Albiges et Front de Rue dans le viseur du gouvernement Ce mercredi 3 juin, le gouvernement a annoncé son intention de dissoudre deux nouveaux groupements, l'un d'ultradroite, l'autre d'ultragauche, selon des informations rapportées par *Midi Libre*. Cette décision intervient dans le prolongement de la dissolution du Bloc montpelliérain et s'inscrit dans une stratégie plus large de lutte contre les groupes dits "ultra", que l'exécutif entend démanteler. ## Une double dissolution annoncée en conseil des ministres D'après des sources gouvernementales citées par *Midi Libre*, le conseil des ministres devrait examiner un décret de dissolution visant à la fois le groupe d'ultradroite Patria Albiges et le collectif d'ultragauche Front de Rue. Ces deux entités, actives respectivement dans la région d'Albi et sur le plan national, seraient accusées de provoquer des troubles à l'ordre public et de prôner la violence politique. Le gouvernement justifierait cette démarche par la nécessité de "lutter contre les groupes ultra et les violences qu'ils engendrent", dans un contexte sécuritaire déjà tendu. Patria Albiges, groupuscule identitaire basé dans le Tarn, serait connu pour ses actions de propagande et ses affrontements avec des militants d'extrême gauche. De son côté, le Front de Rue, collectif antifasciste fondé en 2021, aurait été impliqué dans plusieurs manifestations non autorisées et des heurts avec les forces de l'ordre. Selon des observateurs, ces dissolutions s'inscriraient dans une politique de fermeté accrue de l'exécutif à l'égard des extrêmes, toutes tendances confondues. ## Un précédent : la dissolution du Bloc montpelliérain Cette annonce fait suite à la dissolution, en octobre 2024, du groupe d'ultradroite Bloc montpelliérain, déjà visé par un décret du gouvernement. Ce précédent aurait servi de modèle à l'administration pour justifier les nouvelles procédures. En effet, le Bloc montpelliérain avait été dissous après des actions violentes lors de manifestations étudiantes et des affrontements avec des militants d'ultragauche à Montpellier. Le gouvernement semble ainsi vouloir adopter une approche symétrique, ciblant à la fois l'extrême droite et l'extrême gauche, afin d'éviter toute accusation de partialité. Selon des analystes politiques, cette stratégie viserait à répondre aux critiques sur le traitement différencié des mouvements radicaux, tout en renforçant l'autorité de l'État face à des groupes de plus en plus organisés. ## Des implications juridiques et politiques La dissolution de groupements de fait repose sur la loi du 10 janvier 1936, qui permet au gouvernement de dissoudre les associations ou groupes paramilitaires ou provoquant à la violence. Cependant, cette procédure pourrait être contestée devant le Conseil d'État, comme cela a été le cas pour d'autres dissolutions récentes. Patria Albiges et le Front de Rue pourraient ainsi engager des recours, arguant d'une atteinte à la liberté d'association. Sur le plan politique, cette décision intervient dans un climat de tensions sociales et de multiplication des actions radicales. Le gouvernement, en ciblant ces deux groupes, chercherait à envoyer un signal fort à l'ensemble des mouvements extrémistes, tout en répondant aux attentes d'une partie de l'opinion publique en matière de sécurité. Toutefois, certains observateurs s'interrogent sur l'efficacité réelle de ces dissolutions, qui pourraient simplement pousser les militants à se reconstituer sous d'autres formes. ## Une dynamique de durcissement sécuritaire Cette annonce s'inscrit dans une tendance plus large de durcissement de la politique sécuritaire du gouvernement, qui multiplie les dissolutions de groupes radicaux depuis plusieurs mois. En effet, l'exécutif avait déjà dissous, en 2023, le collectif d'ultragauche "Les Soulèvements de la Terre", suscitant des débats sur l'équilibre entre sécurité et libertés publiques. La dissolution de Patria Albiges et du Front de Rue pourrait ainsi marquer une nouvelle étape dans cette politique, en ciblant des groupes de plus petite taille mais actifs sur le terrain. Selon des sources proches du dossier, d'autres dissolutions pourraient suivre, le gouvernement ayant identifié plusieurs groupuscules jugés dangereux. La question reste ouverte de savoir si cette approche suffira à endiguer la montée des violences politiques, ou si elle ne fera que déplacer le problème vers des structures plus informelles et difficiles à contrôler.