Après avoir dégringolé de 7% au premier trimestre à cause des multinationales, c'est grâce à elles que le PIB irlandais rebondit de près de 4% au deuxième

# Le PIB irlandais rebondit de 3,9% au deuxième trimestre, porté par les multinationales qui l'avaient fait chuter L'économie irlandaise affiche une volatilité
# Le PIB irlandais rebondit de 3,9% au deuxième trimestre, porté par les multinationales qui l'avaient fait chuter
L'économie irlandaise affiche une volatilité spectaculaire. Après une contraction de 7% au premier trimestre, le Produit intérieur brut (PIB) de l'île a progressé de 3,9% d'avril à juin, selon des données préliminaires publiées ce mercredi par le bureau des statistiques irlandais (CSO). Ce rebond s'explique essentiellement par les opérations comptables des grandes multinationales, notamment américaines, qui ont fait de l'Irlande leur siège européen.
## Un rebond porté par les géants de la tech
Ce regain d'activité "est porté par une hausse dans le secteur de l'information et de la communication, dominé par les multinationales", précise le CSO dans un communiqué. L'économie irlandaise est structurellement dépendante de ces grands groupes, attirés par une fiscalité avantageuse. Dans la technologie, des entreprises comme Apple, Google ou Meta ont implanté leur siège européen sur l'île. Le secteur pharmaceutique est également très présent. Ces sociétés pèsent de manière disproportionnée dans le PIB national, rendant les indicateurs de croissance particulièrement instables d'un trimestre à l'autre.
Cette volatilité s'illustre par les fluctuations récentes. Les données d'Eurostat publiées le mois dernier avaient révélé un repli inattendu de l'activité économique de la zone euro au premier trimestre, expliqué par une chute plus marquée qu'initialement estimée du PIB irlandais (-12,1%). Après une deuxième révision début juillet, ce chiffre a finalement été ramené à -7%. Ces variations brutales ne reflètent pas l'économie sous-jacente, mais des opérations purement comptables des multinationales.
## Des opérations comptables qui faussent la mesure
Le mécanisme est bien connu des économistes. Les multinationales installées en Irlande y réalisent des transferts de propriété intellectuelle, des restructurations internes ou des opérations de rapatriement de bénéfices qui impactent directement le PIB mesuré. Ces mouvements peuvent créer des variations de plusieurs points de pourcentage sans lien avec la production réelle de biens et services sur le territoire. Le Fonds monétaire international et la Banque centrale d'Irlande ont d'ailleurs développé des indicateurs alternatifs, comme le PIB modifié, pour tenter de corriger ces distortions.
Cette situation n'empêche pas les annonces d'expansion. Le créateur de ChatGPT, OpenAI, qui avait annoncé en 2023 l'installation de son siège dans l'UE à Dublin, a indiqué lundi qu'il y embaucherait 250 personnes sur deux ans, faisant plus que tripler ses effectifs dans la capitale irlandaise. Ces investissements renforcent encore le poids du secteur technologique dans l'économie locale.
## Des perspectives contrastées pour la zone euro
Le rebond irlandais a des implications pour l'ensemble de la zone euro. Au premier trimestre, la chute du PIB irlandais avait mécaniquement tiré vers le bas la croissance de la région, les statisticiens européens peinant à isoler ces effets comptables. La remontée du deuxième trimestre pourrait donc contribuer à améliorer les chiffres globaux de la zone euro, même si la dynamique sous-jacente reste difficile à évaluer.
Pour les autorités irlandaises, cette volatilité pose un défi de communication et de politique économique. Le gouvernement de Dublin cherche à attirer les investissements étrangers tout en étant conscient que les indicateurs traditionnels ne reflètent pas la santé réelle de l'économie nationale, où le revenu national brut (RNB) est souvent considéré comme une mesure plus fiable que le PIB. La croissance des multinationales, si elle gonfle les chiffres, ne se traduit pas toujours par une amélioration équivalente du niveau de vie des ménages irlandais.