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Après les annonces budgétaires de Lecornu, regain de tension sur les taux d’intérêt français

Une · · Par Claire BERNARD

Après les annonces budgétaires de Lecornu, regain de tension sur les taux d’intérêt français

## Tensions sur la dette : le « spread » français au plus haut depuis 2012 Paris — Au lendemain des annonces budgétaires du Premier ministre Sébastien Lecornu,

Tensions sur la dette : le « spread » français au plus haut depuis 2012

Paris — Au lendemain des annonces budgétaires du Premier ministre Sébastien Lecornu, les marchés financiers ont adressé un signal de défiance à la France. Selon des informations rapportées par Le Figaro, l'écart de taux (« spread ») entre les emprunts à dix ans de la France et de l'Allemagne a atteint, vendredi 18 septembre 2026 à la mi-journée, 100 points de base, soit un point de pourcentage. Un niveau qui n'avait plus été observé depuis 2012, année paroxystique de la crise des dettes souveraines en zone euro.

Un seuil symbolique franchi

D'après le quotidien, Bercy guettait l'ouverture des marchés avec attention, au lendemain de la divulgation, dans les colonnes du Figaro, des trajectoires de déficit pour 2026 et 2027. Les taux d'emprunt français, bien qu'orientés à la hausse dès le matin, n'ont pas connu de flambée immédiate. C'est en milieu de journée que le seuil des 100 points de base a été franchi, un palier que les analystes surveillaient de près. Cet indicateur, largement suivi par les investisseurs, mesure la prime de risque exigée pour détenir de la dette française plutôt qu'allemande, considérée comme la référence la plus sûre de la zone euro.

La trajectoire budgétaire en question

Le regain de tension intervient dans un contexte où les finances publiques françaises font l'objet d'une attention accrue. En effet, la publication des prévisions de déficit pour les exercices 2026 et 2027 a ravivé les interrogations sur la soutenabilité de la trajectoire budgétaire nationale. Selon les éléments relayés par Le Figaro, ces annonces ont suffi à raviver une défiance latente sur les marchés. Le parallèle avec 2012 n'est pas anodin : cette année-là, la France avait vu ses coûts de financement s'envoler dans le sillage de la crise grecque, avant que la Banque centrale européenne n'apaise les tensions par des interventions massives.

Un signal à interpréter avec prudence

Toutefois, les observateurs appellent à la mesure. Un spread de 100 points de base reste éloigné des sommets atteints lors des épisodes les plus critiques de la décennie passée, où l'écart avait dépassé les 180 points. Par ailleurs, le contexte monétaire actuel diffère sensiblement de celui de 2012, la politique de la BCE ayant évolué. Cependant, ce franchissement de seuil pourrait, selon plusieurs analystes cités par la presse économique, peser sur le coût de refinancement de l'État si la tendance se confirme dans les prochaines séances.

Un enjeu de crédibilité

Au-delà de l'aspect technique, ce mouvement traduit une forme de scepticisme des marchés quant à la capacité de l'exécutif à maîtriser les déficits. D'autant plus que la conjoncture européenne reste incertaine et que plusieurs États membres sont eux-mêmes sous surveillance. La réaction des agences de notation, qui doivent se prononcer dans les mois à venir, sera déterminante pour mesurer l'ampleur de cette défiance. Pour l'heure, l'évolution du spread dans les prochains jours constituera un indicateur clé de la confiance accordée à la signature française.