APPEL A TÉMOIGNAGES Vous avez donné l’un de vos organes ou vous êtes en attente d’une greffe ? Racontez-nous

Héritage et urgences : le don d’organes, un geste qui reste méconnu Alors que la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe se déroule ce
Héritage et urgences : le don d’organes, un geste qui reste méconnu
Alors que la Journée nationale de réflexion sur le don d’organes et la greffe se déroule ce lundi 22 juin, des milliers de patients en France attendent encore un geste qui pourrait leur sauver la vie. Selon des informations rapportées par Midi Libre, cet événement annuel vise à sensibiliser le grand public à un enjeu de santé publique majeur, où le décalage entre le nombre de donneurs potentiels et les besoins réels demeure préoccupant. Dans ce contexte, le média régional lance un appel à témoignages pour donner la parole à celles et ceux qui ont fait don d’un organe ou qui sont en attente d’une greffe.
Un geste vital mais encore trop rare
Chaque année en France, des milliers de personnes vivent grâce à une greffe d’organe, rappelle Midi Libre dans son édition du jour. Pourtant, les besoins restent considérables : selon les données de l’Agence de la biomédecine, près de 24 000 patients étaient inscrits sur la liste d’attente active en 2024, tandis que seulement 5 600 greffes ont pu être réalisées. Ce fossé s’explique en partie par une méconnaissance du cadre légal — le principe du consentement présumé, instauré par la loi Caillavet de 1976 — mais aussi par des réticences culturelles ou familiales. La Journée nationale de réflexion, instaurée en 2000, vise précisément à lever ces freins en encourageant le dialogue autour du don.
Des témoignages pour briser le silence
L’appel à témoignages lancé par Midi Libre s’inscrit dans une démarche de proximité et de pédagogie. Le journal invite les personnes ayant donné un rein, une partie du foie ou encore la moelle osseuse, ainsi que celles en attente d’une greffe ou ayant bénéficié d’un transplant, à partager leur expérience. « Nous voulons donner une voix à ceux qui vivent cette réalité au quotidien », explique la rédaction. Ces récits pourraient permettre d’illustrer concrètement les enjeux médicaux, émotionnels et éthiques liés au don, tout en humanisant des statistiques parfois abstraites. Les témoignages seront publiés dans les prochains jours sur le site du média et dans son édition papier.
Un enjeu de santé publique renouvelé
Au-delà de la sensibilisation, cette journée intervient dans un contexte où les techniques de greffe ont considérablement évolué. Les progrès en matière d’immunosuppression et de conservation des organes ont amélioré les taux de survie à long terme, mais la pénurie de greffons reste le principal obstacle. Selon un rapport de la Fondation pour la recherche médicale, le don d’organes sauve environ 6 000 vies par an en France, mais chaque jour, trois personnes meurent faute de greffon disponible. Par ailleurs, la question du don croisé ou du don à des proches non apparentés, bien que réglementé, suscite encore des débats éthiques. La réflexion portée par cette journée pourrait également aborder les défis à venir, comme la greffe d’organes issus d’animaux (xénogreffe) ou la bio-impression 3D.
Une mémoire institutionnelle qui s’éteint
Cette actualité résonne également avec la disparition récente de figures majeures de la santé publique française. Philippe Lazar, ancien directeur général de l’Inserm, s’est éteint le 1er mai 2023 à l’âge de 90 ans. Sous sa direction (1982-1990), l’Institut national de la santé et de la recherche médicale a connu un essor considérable, notamment dans le domaine des transplantations. Son héritage intellectuel et administratif a contribué à structurer la recherche sur le don d’organes, un champ où la France a longtemps fait figure de pionnière. Sa disparition rappelle l’importance de maintenir une dynamique de recherche et de sensibilisation, alors que les besoins ne faiblissent pas.
Entre urgence vitale et nécessité de dialogue, le don d’organes reste un sujet où l’information et le partage d’expériences peuvent faire la différence. Les témoignages recueillis par Midi Libre permettront peut-être de lever certaines réticences et d’encourager un geste qui, bien que simple en apparence, engage des vies entières.