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Apnée du sommeil : quelle est cette première révolutionnaire au CHU de Montpellier qui permet de se passer de masque

Une · · Par Claire BERNARD

Apnée du sommeil : quelle est cette première révolutionnaire au CHU de Montpellier qui permet de se passer de masque

## Le CHU de Montpellier teste un implant qui stimule la langue Une première en France. Selon des informations rapportées par Midi Libre, le CHU de Montpellier

## Le CHU de Montpellier teste un implant qui stimule la langue Une première en France. Selon des informations rapportées par Midi Libre, le CHU de Montpellier a réalisé, pour la première fois, la pose d'un implant destiné à traiter l'apnée du sommeil sans recourir au masque de ventilation. Cette technique repose sur un principe singulier : stimuler la langue du patient pendant son sommeil afin de maintenir les voies respiratoires ouvertes. L'apnée du sommeil toucherait plusieurs millions de personnes en France, selon les données régulièrement citées par les autorités sanitaires. Ce trouble se caractérise par des interruptions répétées de la respiration nocturne, qui fragmentent le sommeil et exposent les patients à des risques cardiovasculaires accrus. Le dispositif présenté à Montpellier pourrait, selon ses promoteurs, offrir une alternative aux traitements conventionnels. ## Une technologie qui cible la cause mécanique du trouble Le principe de cet implant repose sur la stimulation du nerf hypoglosse, qui commande les mouvements de la langue. En activant ce nerf au moment de l'inspiration, le dispositif empêcherait la langue de s'affaisser vers l'arrière de la gorge, phénomène à l'origine de l'obstruction des voies aériennes supérieures chez de nombreux patients. D'après les éléments rapportés par Midi Libre, l'intervention a été réalisée au sein de l'établissement montpelliérain, qui devient ainsi le premier centre français à proposer cette technique. Le CHU n'a pas précisé, à ce stade, le nombre de patients susceptibles de bénéficier de ce traitement ni les critères de sélection retenus. ## Le masque, traitement de référence mais contraignant Le traitement de référence de l'apnée du sommeil demeure la pression positive continue, communément appelée PPC. Ce dispositif, qui impose le port d'un masque relié à un compresseur, reste efficace mais contraignant. Une part significative des patients abandonnerait ce traitement au bout de quelques mois, en raison de l'inconfort ressenti ou de la gêne occasionnée pour l'entourage. C'est précisément dans cette brèche que s'inscrivent les recherches sur la stimulation nerveuse. Des dispositifs de ce type sont déjà utilisés dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis, où ils ont fait l'objet d'essais cliniques. Leur implantation reste toutefois réservée à des patients sélectionnés, chez qui les autres solutions se sont révélées insuffisantes. ## Des questions encore ouvertes Plusieurs interrogations subsistent quant au déploiement de cette technologie en France. Le coût de l'implant, les modalités de remboursement par l'Assurance maladie et la formation des équipes médicales constituent autant d'étapes à franchir avant une éventuelle généralisation. La Haute Autorité de santé devrait, en effet, se prononcer sur l'évaluation de ce dispositif. Par ailleurs, l'efficacité à long terme de la stimulation du nerf hypoglosse reste à confirmer par des données françaises. Les résultats observés à l'étranger sembleraient encourageants, mais ils concernent des populations spécifiques et des protocoles qui pourraient différer du cadre retenu à Montpellier. L'annonce du CHU intervient dans un contexte de pression croissante sur les services de santé publique, confrontés à une demande diagnostique en hausse. Le nombre de dépistages de l'apnée du sommeil a progressé ces dernières années, notamment en raison d'une meilleure sensibilisation des médecins généralistes. Cette première montpelliéraine pourrait, si elle se confirme, redessiner une partie de la prise en charge des troubles respiratoires nocturnes.