Antonythasan Jesuthasan: «Personne n’est clandestin sur cette terre»

# Antonythasan Jesuthasan : « Personne n’est clandestin sur cette terre » L'écrivain et acteur d'origine srilankaise Antonythasan Jesuthasan a récemment reçu le
# Antonythasan Jesuthasan : « Personne n’est clandestin sur cette terre »
L'écrivain et acteur d'origine srilankaise Antonythasan Jesuthasan a récemment reçu le prix Émile Guimet roman pour son troisième récit de fiction en français, *Salamalecs*. À l'occasion de cette distinction, il est venu s'exprimer au micro de RFI, abordant son parcours d'écriture entamé à l'âge de 16 ans ainsi que l'odyssée des migrants srilankais à travers le monde, thème central de son nouvel opus.
## Un roman puissant et inventif
*Salamalecs*, remarquablement traduit du tamoul en français par Léticia Ibanez, se présente comme une œuvre littéraire dense et imaginative. Selon les informations rapportées par RFI, ce roman explore les trajectoires complexes des migrants srilankais, mêlant récits personnels et fresque collective. Antonythasan Jesuthasan y déploie une écriture qui puise dans son propre vécu et dans l'histoire mouvementée du Sri Lanka, marquée par des décennies de guerre civile. Le prix Émile Guimet roman, qui récompense des ouvrages favorisant le dialogue des cultures, vient saluer cette capacité à tisser des liens entre les mondes.
## L'écriture comme nécessité précoce
L'auteur a confié à RFI avoir commencé à écrire très jeune, dès l'âge de 16 ans. Cette pratique précoce, née dans un contexte de conflit et d'incertitude, a constitué pour lui un moyen d'appréhender la réalité et de donner une voix à des expériences souvent invisibilisées. Antonythasan Jesuthasan, également connu pour son rôle dans le film *Dheepan* de Jacques Audiard (Palme d'or à Cannes en 2015), a ainsi construit une œuvre où la littérature et le cinéma se rejoignent pour raconter les errances et les espoirs des exilés. Son parcours personnel, de son départ du Sri Lanka à son installation en France, nourrit une réflexion profonde sur l'identité et l'appartenance.
## « Personne n’est clandestin sur cette terre »
La déclaration choc d'Antonythasan Jesuthasan — « Personne n’est clandestin sur cette terre » — résonne comme un manifeste humaniste. Selon ses propos rapportés par RFI, cette affirmation vise à déconstruire les catégories administratives et politiques qui stigmatisent les migrants. L'écrivain semble suggérer que la notion de clandestinité est une construction sociale et juridique, et non une réalité ontologique. Son roman *Salamalecs* illustrerait cette thèse en donnant à voir les trajectoires de personnages qui, malgré les obstacles et les frontières, affirment leur droit à exister et à circuler. Cette position s'inscrit dans un débat plus large sur les politiques migratoires et la gestion des flux humains à l'échelle mondiale.
## Une odyssée srilankaise à travers le monde
Le thème central de *Salamalecs* est l'odyssée des migrants srilankais, une diaspora dispersée aux quatre coins du globe. Selon les informations fournies par RFI, Antonythasan Jesuthasan retrace les parcours de ces hommes et de ces femmes contraints de quitter leur île natale en raison de la guerre civile qui a déchiré le Sri Lanka pendant près de trente ans. Le roman explore les différentes étapes de l'exil : la traversée périlleuse, l'arrivée dans des pays d'accueil parfois hostiles, la reconstruction d'une vie ailleurs. L'auteur met en lumière la résilience de ces communautés, tout en dénonçant les violences et les injustices qu'elles subissent. Cette fresque romanesque se veut à la fois un témoignage historique et une réflexion universelle sur le déracinement.
## Un entretien riche en perspectives
Lors de son passage à RFI, Antonythasan Jesuthasan a également évoqué son rapport à la langue et à la traduction. Le fait que *Salamalecs* ait été écrit en tamoul puis traduit en français par Léticia Ibanez souligne la dimension transnationale de son œuvre. L'auteur semble considérer la traduction non comme une perte, mais comme une forme de dialogue et d'enrichissement mutuel. Cette approche linguistique fait écho à son parcours personnel, marqué par le passage d'une culture à une autre. Le prix Émile Guimet roman, qui distingue des ouvrages favorisant la connaissance des civilisations asiatiques, couronne ainsi une démarche littéraire profondément ancrée dans la rencontre des cultures.
## Une voix qui interpelle
À travers *Salamalecs* et ses prises de parole publiques, Antonythasan Jesuthasan s'impose comme une voix singulière dans le paysage littéraire francophone. Son message, qui affirme qu'« aucun être humain n'est clandestin », interpelle les consciences et invite à repenser les discours sur l'immigration. La reconnaissance par le prix Émile Guimet roman pourrait contribuer à élargir la réception de son œuvre, au-delà des cercles spécialisés. Reste à savoir comment ce roman sera accueilli par le grand public et s'il parviendra à susciter un débat plus large sur la condition des migrants dans le monde contemporain.