Annonce d'un accord sur le Groenland: «En réalité, les États-Unis avaient déjà le contrôle»

## Un accord sur le Groenland qui entérine un statu quo déjà en place Selon des informations rapportées par RFI, un accord devrait être signé dans les prochains
## Un accord sur le Groenland qui entérine un statu quo déjà en place
Selon des informations rapportées par RFI, un accord devrait être signé dans les prochains jours entre Washington, les autorités du Groenland et Copenhague. Donald Trump a affirmé, samedi 19 septembre, avoir obtenu « un contrôle permanent » sur la sécurité du Groenland. Cette annonce pourrait clore un chapitre de tensions entre les États-Unis et les Européens, ouvert par les velléités du président américain de s'emparer de l'île danoise.
## Une revendication ancienne, une réalité plus nuancée
L'intérêt américain pour le Groenland n'est pas nouveau. Dès 1946, Washington avait proposé au Danemark d'acheter l'île pour 100 millions de dollars, proposition alors rejetée par Copenhague. Plus récemment, en 2019, Donald Trump avait suscité l'émoi en évoquant publiquement une acquisition du territoire, provoquant une crise diplomatique avec le Danemark. Cette fois, selon RFI, l'accord porterait spécifiquement sur des questions de sécurité, et non sur une cession de souveraineté. Le texte, qui devrait être formalisé dans les prochains jours, marquerait donc une avancée pour Washington sur le plan stratégique, sans modification du statut juridique de l'île.
## Pour le chercheur Mikaa Blugeon-Mered, un accord sans substance réelle
Interrogé par RFI, Mikaa Blugeon-Mered, chercheur en géopolitique spécialiste du Groenland à l'Université du Québec, estime que Donald Trump vante un accord qui, dans les faits, ne change rien. Selon lui, le président américain aurait en réalité cédé sur toutes ses revendications initiales. Cette analyse suggère que l'annonce relèverait davantage de la communication politique que d'une véritable rupture géopolitique. Le chercheur souligne notamment que les États-Unis disposaient déjà, via des accords antérieurs, d'une présence militaire et d'un accès stratégique à l'île, ce qui relativise fortement la portée de l'annonce présidentielle.
## Un enjeu stratégique dans l'Arctique
Le Groenland occupe une position géographique déterminante dans l'Arctique, région dont l'importance stratégique s'est accrue ces dernières années. La base américaine de Thulé, située dans le nord-ouest de l'île, constitue un maillon essentiel du dispositif de surveillance et d'alerte avancée des États-Unis. Par ailleurs, la fonte des glaces pourrait ouvrir de nouvelles routes maritimes et faciliter l'accès à des ressources minières et énergétiques, ce qui attise les convoitises de plusieurs puissances, notamment la Russie et la Chine. Dans ce contexte, l'accord annoncé pourrait viser à consolider une coopération déjà existante plutôt qu'à instaurer un nouveau rapport de force.
## Une clarification attendue sur le contenu réel du texte
Toutefois, le contenu précis de l'accord n'a pas encore été rendu public. Selon RFI, sa signature devrait intervenir dans les prochains jours, ce qui permettra de mesurer l'écart entre les déclarations de Donald Trump et les dispositions effectivement négociées. Pour les autorités groenlandaises et danoises, l'enjeu consiste à préserver leur souveraineté tout en maintenant une coopération sécuritaire avec Washington. Reste à savoir si cette annonce apaisera durablement les tensions avec les Européens, ou si elle ne constitue qu'une étape dans une stratégie américaine de plus long terme dans la région arctique.