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Ane Aanesland, PDG et Cofondatrice de ThrustMe – 30/06

Economie · · Par Julie MOREAU

Ane Aanesland, PDG et Cofondatrice de ThrustMe – 30/06

Ane Aanesland, la discrète pionnière française de la propulsion spatiale, dévoile les secrets de ThrustMe Le 30 juin, sur le plateau de Tech & Co, la quotidienn

Ane Aanesland, la discrète pionnière française de la propulsion spatiale, dévoile les secrets de ThrustMe

Le 30 juin, sur le plateau de Tech & Co, la quotidienne animée par Frédéric Simottel sur BFM Business, Ane Aanesland, PDG et cofondatrice de ThrustMe, a levé le voile sur les coulisses d’une success-story industrielle française dans le NewSpace. Alors que le secteur spatial connaît une effervescence sans précédent, la start-up franco-norvégienne s’impose comme un acteur clé de la propulsion électrique pour satellites. Avec une approche technique radicalement différente, ThrustMe ambitionne de répondre aux besoins croissants des constellations en orbite basse, un marché estimé à plusieurs milliards d’euros.

Une technologie de rupture pour les satellites miniatures

Interrogée par Frédéric Simottel, Ane Aanesland a détaillé le cœur de métier de ThrustMe : la fabrication de moteurs pour satellites. Contrairement aux systèmes chimiques traditionnels, la société développe des propulseurs électriques utilisant l’iode comme ergol. Ce choix, expliqué par la PDG, permet de simplifier drastiquement la conception des satellites : « L’iode est un solide à température ambiante, ce qui élimine le besoin de réservoirs sous pression complexes et coûteux. » Cette innovation, brevetée par ThrustMe, offre une densité d’énergie bien supérieure à celle du xénon, le gaz rare habituellement employé. Selon les informations partagées lors de l’émission, cette technologie cible principalement les nano et micro-satellites (de 1 à 500 kg), un segment en pleine explosion avec l’essor des constellations de télécommunications et d’observation.

Un positionnement stratégique dans la course aux constellations

Le contexte fourni par l’émission souligne l’importance de ce positionnement. Alors que des géants comme SpaceX déploient des milliers de satellites Starlink, la demande pour des systèmes de propulsion fiables et compacts explose. Ane Aanesland a souligné que ThrustMe, fondée en 2017, a déjà réalisé des démonstrations en orbite et signé des contrats avec des clients internationaux. « Nous ne cherchons pas à concurrencer les lanceurs, mais à fournir la brique essentielle qui permet aux satellites de manœuvrer, d’éviter les collisions et de se désorbiter en fin de vie », a-t-elle précisé. Cette approche répond à une régulation spatiale de plus en plus stricte, qui impose des capacités de désorbitation pour limiter les débris. L’entreprise, basée à Palaiseau, bénéficie d’un écosystème de recherche dense, avec des liens étroits avec le CNRS et l’École Polytechnique.

Les défis de l’industrialisation et de la scale-up

Dans son intervention, la dirigeante n’a pas éludé les défis industriels. Passer du prototype à la production en série pour des clients comme des opérateurs de constellations représente un saut d’échelle considérable. Ane Aanesland a indiqué que ThrustMe travaille à l’automatisation de sa ligne de production pour atteindre une cadence de plusieurs centaines de moteurs par an. Cette montée en puissance nécessite des investissements significatifs, notamment en recrutement d’ingénieurs spécialisés en plasma et en mécanique spatiale. La société, qui a levé des fonds auprès d’investisseurs privés et de Bpifrance, vise une rentabilité à moyen terme tout en maintenant une avance technologique. « Le spatial devient un marché de volume, pas seulement de prestige », a-t-elle résumé, illustrant la mutation d’un secteur longtemps réservé aux agences gouvernementales.

Une vision pour l’avenir de la mobilité spatiale

Au-delà de la propulsion, Ane Aanesland a esquissé une vision plus large. ThrustMe ne se limite pas à la fabrication de moteurs ; l’entreprise développe également des systèmes de gestion de l’énergie et de contrôle d’attitude intégrés. Cette intégration verticale, selon la PDG, permet de réduire les coûts et les délais pour les clients. « Nous voulons devenir le fournisseur de référence pour la mobilité des petits satellites, en offrant une solution clé en main », a-t-elle affirmé. Avec le développement des services in-orbit (maintenance, ravitaillement, prolongation de vie), le marché de la propulsion spatiale pourrait connaître une croissance exponentielle dans la décennie à venir. ThrustMe, avec sa technologie à base d’iode, se positionne comme un pionnier capable de démocratiser l’accès à l’espace pour des acteurs privés et institutionnels.

Une industrie en pleine transformation

L’intervention d’Ane Aanesland sur BFM Business illustre la dynamique d’une filière spatiale française qui innove pour rester compétitive. Alors que les enjeux de souveraineté et de durabilité deviennent centraux, des entreprises comme ThrustMe incarnent une nouvelle génération d’industriels, agiles et technologiquement disruptifs. Le défi de l’industrialisation massive reste entier, mais les premiers résultats en orbite confirment le potentiel de cette propulsion à l’iode. Dans un secteur où chaque gramme compte, cette innovation pourrait bien redéfinir les standards de la mobilité spatiale pour les décennies à venir.