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"Ami de la nature", "écoresponsable"... L'Union européenne signe la fin du greenwashing

Economie · · Par Julie MOREAU

## L'Union européenne durcit les règles contre le greenwashing Bruxelles franchit une étape décisive dans la régulation de la communication environnementale des

## L'Union européenne durcit les règles contre le greenwashing Bruxelles franchit une étape décisive dans la régulation de la communication environnementale des entreprises. Selon les informations rapportées par BFM Business, l'Union européenne a adopté un dispositif visant à encadrer strictement l'usage des mentions telles que « ami de la nature » ou « écoresponsable », jusqu'ici employées sans contrôle réel sur les produits de grande consommation. ## Un cadre juridique pour des allégations jusqu'ici incontrôlées Jusqu'à présent, les industriels pouvaient apposer des mentions environnementales sur leurs emballages sans obligation de preuve scientifique. Cette pratique, communément appelée greenwashing, consistait à valoriser un argument écologique parfois marginal pour séduire une clientèle de plus en plus sensible aux enjeux climatiques. Le texte européen entend mettre fin à cette zone grise en imposant des critères vérifiables avant toute revendication. Les entreprises devront désormais démontrer, données à l'appui, la réalité de leurs engagements, sous peine de sanctions. Cette mesure s'inscrit dans un mouvement plus large de régulation, alors que les consommateurs expriment une défiance croissante face aux promesses non tenues des marques. ## Un contexte de défiance et de contraintes budgétaires Cette décision intervient dans un climat économique tendu, où le pouvoir d'achat des ménages reste sous pression. Les récents indicateurs évoqués par BFM Business montrent qu'une part significative des Français — environ 40 % selon les chiffres cités — déclarent se priver sur l'alimentation. Dans ce contexte, l'argument écologique devient un levier marketing puissant, mais aussi un risque de tromperie. La grande distribution, représentée notamment par Michel-Édouard Leclerc, affiche de son côté une priorité assumée pour la décarbonation. Le dirigeant a récemment déclaré que l'écologie était un sujet « qu'on prend », tout en concentrant ses efforts sur la réduction de l'empreinte carbone de ses activités. Cette position illustre la double contrainte du secteur : répondre aux exigences environnementales sans alourdir la facture du consommateur. ## Les implications pour les industriels et la distribution Le nouveau cadre européen obligera les acteurs économiques à revoir leurs stratégies de communication et, parfois, leurs gammes de produits. Les mentions génériques comme « respectueux de l'environnement » ou « naturel » seront désormais scrutées. Pour les fabricants, cela représente un coût de mise en conformité, entre audits, certifications et refonte des packagings. Pour les distributeurs, la question porte sur la sélection des références proposées en rayon. Certains observateurs estiment que ce durcissement pourrait favoriser les marques ayant déjà engagé une véritable transition, au détriment de celles qui se contentaient d'un affichage cosmétique. À l'inverse, des voix s'élèvent pour souligner le risque de complexité administrative pour les petites entreprises, moins armées face à ces exigences. ## Une portée qui dépasse les frontières européennes L'impact de cette régulation ne devrait pas se limiter au marché intérieur de l'Union. Les groupes internationaux commercialisant leurs produits en Europe devront s'y conformer, ce qui pourrait influencer les normes appliquées ailleurs dans le monde. La Commission européenne espère ainsi créer un effet d'entraînement, à l'image de ce qui s'est produit pour le règlement général sur la protection des données. Reste à savoir comment les autorités nationales contrôleront l'application du texte et quels moyens seront alloués aux organismes de surveillance. Les premières sanctions devraient servir de test pour mesurer la détermination de Bruxelles à faire respecter cette nouvelle donne.