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Alzheimer : le vaccin BCG, une piste de protection inattendue contre la maladie

Une · · Par Claire BERNARD

Alzheimer : le vaccin BCG, une piste de protection inattendue contre la maladie

Le vaccin BCG, connu pour lutter contre la tuberculose, pourrait-il offrir une protection inattendue contre la maladie d’Alzheimer ? Une étude récente, dont les

Le vaccin BCG, connu pour lutter contre la tuberculose, pourrait-il offrir une protection inattendue contre la maladie d’Alzheimer ? Une étude récente, dont les résultats ont été rapportés par *Le Figaro*, suggère en effet que cette vaccination ancestrale pourrait retarder l’apparition des signes cliniques de la pathologie neurodégénérative. Cette piste, déjà explorée dans le cadre du cancer de la vessie, ouvre des perspectives prometteuses pour la recherche. ## Un effet protecteur observé chez des patients traités Selon les informations publiées par *Le Figaro*, l’étude s’est intéressée à des patients ayant reçu le vaccin BCG dans le cadre d’un traitement contre le cancer de la vessie. Le BCG est en effet utilisé depuis plusieurs décennies comme immunothérapie pour cette forme de cancer, permettant de stimuler le système immunitaire afin de combattre les cellules tumorales. Les chercheurs ont observé que ces patients présentaient un risque réduit de développer la maladie d’Alzheimer par rapport à la population générale. Plus précisément, l’étude suggère que le vaccin pourrait retarder l’apparition des premiers symptômes, tels que les troubles de la mémoire et les difficultés cognitives, sans pour autant empêcher totalement la survenue de la maladie. Cette observation n’est pas isolée. D’autres travaux antérieurs avaient déjà évoqué un lien entre certaines vaccinations et une diminution du risque de démence. Le mécanisme biologique sous-jacent reste toutefois à élucider. Les scientifiques avancent l’hypothèse que le BCG, en stimulant le système immunitaire inné, pourrait moduler l’inflammation chronique associée à la neurodégénérescence. En effet, la maladie d’Alzheimer est caractérisée par une accumulation de plaques amyloïdes et de protéines tau dans le cerveau, provoquant une réponse inflammatoire qui aggrave la destruction des neurones. Le BCG pourrait ainsi « rééduquer » le système immunitaire pour qu’il réagisse de manière plus appropriée face à ces agressions. ## Des mécanismes encore à éclaircir L’étude, dont les détails ont été relayés par *Le Figaro*, repose sur une analyse rétrospective de données médicales. Les chercheurs ont comparé l’incidence de la maladie d’Alzheimer chez des patients traités par BCG pour un cancer de la vessie et chez des patients n’ayant pas reçu ce vaccin. Les résultats, bien que statistiquement significatifs, doivent être interprétés avec prudence. Il s’agit d’une étude observationnelle, qui ne permet pas d’établir un lien de cause à effet direct. D’autres facteurs, comme le mode de vie, l’état de santé général ou l’accès aux soins, pourraient également influencer ces observations. Par ailleurs, le BCG est un vaccin vivant atténué, dont l’administration n’est pas dénuée de risques, notamment chez les personnes immunodéprimées. Son utilisation à grande échelle dans la prévention de la maladie d’Alzheimer ne saurait donc être envisagée sans des essais cliniques rigoureux. Les chercheurs soulignent la nécessité de mener des études prospectives, randomisées et contrôlées, afin de confirmer ces premiers résultats et de déterminer les doses et les schémas vaccinaux optimaux. L’enjeu est de taille : la maladie d’Alzheimer touche près d’un million de personnes en France, et aucun traitement curatif n’existe à ce jour. ## Une piste parmi d’autres dans la lutte contre la neurodégénérescence Cette découverte s’inscrit dans un contexte de recherche foisonnante sur les liens entre le système immunitaire et les maladies neurodégénératives. D’autres vaccins, comme ceux contre la grippe ou le zona, ont également été associés à une réduction du risque de démence. Le BCG, de par son ancienneté et son profil de sécurité bien connu, présente toutefois un avantage certain : il est peu coûteux, largement disponible et déjà utilisé dans de nombreux pays. Si les résultats des études à venir se confirment, il pourrait représenter une option préventive accessible, notamment dans les pays à revenus faibles ou intermédiaires, où la charge de la maladie d’Alzheimer est en forte augmentation. Cependant, les chercheurs mettent en garde contre tout enthousiasme prématuré. Le chemin entre une observation épidémiologique et une recommandation de santé publique est long et semé d’embûches. Il faudra notamment comprendre pourquoi le BCG semble protéger certains patients et pas d’autres, et déterminer si son effet est direct ou indirect. La piste du BCG, bien que prometteuse, ne constitue qu’une pièce du puzzle complexe de la prévention de la maladie d’Alzheimer. Alors que la population mondiale vieillit et que le nombre de cas de démence devrait tripler d’ici 2050, chaque avancée, même modeste, est précieuse. L’étude relayée par *Le Figaro* ouvre une voie de recherche qui mérite d’être explorée avec rigueur et méthode. Elle rappelle également que des outils thérapeutiques anciens, parfois délaissés, peuvent révéler des usages insoupçonnés face aux défis sanitaires contemporains. La communauté scientifique attend désormais avec intérêt les résultats des essais cliniques qui devraient être lancés dans les prochains mois pour confirmer ou infirmer cette hypothèse.