Alors que le taux de pauvreté est au plus haut depuis 30 ans, des associations demandent au gouvernement de protéger les plus modestes de ses mesures budgétaires

## Un taux de pauvreté record qui inquiète les associations Le collectif Alerte, qui fédère 37 associations de lutte contre la pauvreté, a publiquement demandé
## Un taux de pauvreté record qui inquiète les associations
Le collectif Alerte, qui fédère 37 associations de lutte contre la pauvreté, a publiquement demandé vendredi au gouvernement et aux parlementaires de renoncer, dans le cadre du budget 2027, aux mesures d'économies susceptibles de fragiliser les ménages les plus précaires. Cette prise de position intervient alors que le taux de pauvreté en France s'établit à 15,4 % de la population en 2024, un niveau jamais atteint depuis la création de cet indicateur par l'Insee il y a près de trente ans, selon les données relayées par BFM Business.
## Les mesures budgétaires dans le viseur
Plusieurs dispositions du projet de loi de finances (PLF) pour 2027 sont spécifiquement pointées du doigt par les associations. Parmi elles figurent le gel des allocations familiales, le recentrage de l'allocation de rentrée scolaire sur certains publics, ainsi que la diminution des moyens consacrés à l'insertion et à l'accompagnement des personnes en difficulté. Olivier Noblecourt, président du collectif Alerte, a dénoncé lors d'une conférence de presse des « économies qui appauvrissent les plus pauvres » et « un effort qui reste totalement inéquitablement réparti ». Le texte, examiné depuis mardi dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, ne propose, selon lui, « aucune réponse structurelle aux causes de la pauvreté et à ses manifestations les plus violentes ».
## 9,8 millions de personnes concernées
Les chiffres avancés par l'Insee donnent la mesure du phénomène. Avec un taux de pauvreté stabilisé à 15,4 %, ce sont 9,8 millions de personnes qui vivaient, en 2024, sous le seuil de 60 % du niveau de vie médian. Concrètement, ce seuil correspond à 1 337 euros par mois pour une personne seule. Cette situation s'accompagne, pour les associations de solidarité, d'une double pression : une hausse des demandes d'accompagnement et une réduction de leurs moyens financiers, liée à la baisse des subventions publiques. Le responsable associatif alerte sur la « gravité » d'une conjoncture où les structures d'aide se retrouvent elles-mêmes fragilisées au moment où elles sont le plus sollicitées.
## Un sentiment d'invisibilité
Au-delà des chiffres, les représentants du secteur associatif expriment un malaise plus profond. « Les associations ont le sentiment de ne pas être entendues », a regretté Tarek Daher, président du Mouvement associatif, dont les propos sont cités par BFM Business. Cette mobilisation, qui s'est déployée tout au long de la semaine, traduit une inquiétude grandissante face à un budget perçu comme déconnecté des réalités sociales. Les associations rappellent que la pauvreté ne se limite pas à une statistique : elle touche à l'accès au logement, à l'alimentation, aux soins et à l'insertion professionnelle, autant de domaines où les coupes budgétaires pourraient avoir des effets durables.
## Un enjeu politique et social
Le débat budgétaire qui s'ouvre à l'Assemblée nationale cristallise ainsi une tension entre impératifs de rigueur et protection des plus vulnérables. Si le gouvernement n'a pas encore répondu publiquement aux interpellations du collectif Alerte, la pression exercée par les 37 organisations signataires pourrait peser sur les arbitrages parlementaires. La question centrale reste celle de la répartition de l'effort demandé aux Français : les associations estiment que les ménages modestes supportent une part disproportionnée des ajustements, alors que le seuil de pauvreté n'a jamais été aussi élevé depuis trois décennies.