Alors que "l'inflation est trop élevée" aux États-Unis, un responsable de la Fed estime qu'il n'y a pas encore "d'urgence" à relever une nouvelle fois les taux directeurs

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La Réserve fédérale américaine peut-elle encore patienter avant de resserrer davantage sa politique monétaire ? C'est la question qui agite les marchés depuis mardi, après les déclarations de John Williams, président de la Fed de New York, qui a jugé qu'il n'existait pas de « besoin urgent d'agir » pour relever une nouvelle fois les taux directeurs. Une prise de parole nuancée, qui laisse entrevoir une possible hausse « en fin d'année », sans en garantir le calendrier.
## Un statu quo temporaire assumé
Intervenant devant l'université de Buffalo, dans le nord-ouest de l'État de New York, John Williams a justifié cette position par la décision prise lors de la réunion de septembre, qui s'est traduite par une hausse des taux d'un quart de point. Selon lui, ce resserrement déjà acté offre à l'institution une marge de manœuvre : « Vu la décision de politique que nous avons prise lors de notre réunion de septembre, il n'y a pas un besoin urgent d'agir, et nous disposons de temps pour recueillir davantage d'informations », a-t-il déclaré. Cette voix est considérée comme influente au sein du comité de politique monétaire, ce qui donne à ses propos un poids particulier dans l'anticipation des décisions futures.
## Une hausse envisagée « en fin d'année »
Le responsable n'exclut toutefois pas un nouveau tour de vis. « Un nouveau relèvement des taux directeurs pourrait être approprié en fin d'année afin de ramener l'inflation vers l'objectif (de 2%) dans un délai plus raisonnable », a-t-il ajouté. Cette formulation laisse entendre que la Fed privilégie une approche progressive, conditionnée à l'évolution des données économiques dans les prochaines semaines. Les investisseurs, qui tablaient majoritairement sur une poursuite du resserrement dès la réunion de fin octobre selon l'outil de veille CME FedWatch, pourraient devoir réviser leurs anticipations. Le dernier huis clos monétaire de l'année se tiendra six semaines plus tard, début décembre.
## Un diagnostic partagé sur le niveau d'inflation
Si le calendrier divise, le constat sur la situation inflationniste semble, lui, faire consensus au sein de l'institution. « Ce qui est clair aujourd'hui, c'est que l'inflation est trop élevée », a affirmé plus tôt dans la journée Michael Barr, gouverneur de la Fed. Ce dernier a plaidé pour un « recalibrage » de la politique monétaire, estimant que « d'autres ajustements de politique (monétaire) seront probablement nécessaires pour faire revenir l'inflation vers l'objectif dans un délai raisonnable ». Il n'a cependant fourni aucun indice sur le calendrier envisagé, ajoutant à l'incertitude ambiante.
## La Fed face à un arbitrage délicat
La banque centrale américaine surveille de près l'indice PCE, sa mesure privilégiée de l'inflation, dont les prochaines publications seront déterminantes pour trancher entre statu quo et nouveau resserrement. L'enjeu est double : ramener la hausse des prix vers la cible de 2% sans étouffer une économie encore fragile, tout en préservant la crédibilité de l'institution face à des marchés en quête de visibilité. Les prochaines semaines s'annoncent donc décisives pour les orientations monétaires de la première économie mondiale.