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Allemagne, Luxembourg, institutions internationales : qui sont les principaux détenteurs étrangers de la dette française ?

Une · · Par Claire BERNARD

Allemagne, Luxembourg, institutions internationales : qui sont les principaux détenteurs étrangers de la dette française ?

## Qui détient réellement la dette française ? Alors que la dette publique française a atteint 3 595,5 milliards d'euros au deuxième trimestre, selon l'Insee —

## Qui détient réellement la dette française ? Alors que la dette publique française a atteint 3 595,5 milliards d'euros au deuxième trimestre, selon l'Insee — soit 119 % du produit intérieur brut —, la question de l'identité des créanciers étrangers de l'État revient avec insistance dans le débat politique. Selon les données relayées par Le Figaro, plus de 57 % de la dette négociable française serait détenue par des « non-résidents », une proportion qui alimente les inquiétudes sur la souveraineté financière du pays. ## Une traçabilité limitée par la mondialisation des marchés Le marché de la dette souveraine est profondément mondialisé et fait intervenir une chaîne d'intermédiaires financiers — banques, fonds, dépositaires centraux — qui complique considérablement l'identification des bénéficiaires finaux. Selon Le Figaro, cette opacité structurelle rend difficile toute affirmation catégorique sur la nationalité réelle des détenteurs. Les statistiques disponibles distinguent ainsi les détenteurs directs, souvent des institutions financières établies dans des places réputées pour leur fiscalité ou leur cadre juridique, des propriétaires économiques ultimes, fréquemment localisés ailleurs. Cette distinction est essentielle pour interpréter correctement la notion de « non-résidents », qui recouvre des réalités très hétérogènes. ## Allemagne, Luxembourg et institutions internationales en tête Parmi les principaux détenteurs étrangers identifiés figurent l'Allemagne, le Luxembourg et diverses institutions internationales, selon les éléments rapportés par Le Figaro. Le Luxembourg, place financière de premier plan, concentre de nombreux véhicules d'investissement dont les sous-jacents peuvent provenir de multiples juridictions. Les institutions internationales, quant à elles, détiennent de la dette française dans le cadre de leurs réserves de change ou de leurs mandats de gestion. Cette configuration n'est pas propre à la France : la plupart des grandes économies européennes présentent des structures de détention comparables, reflet de l'intégration des marchés de capitaux depuis plusieurs décennies. ## Un débat politique sur la souveraineté Début septembre, le député Les Républicains Philippe Juvin s'est inquiété de cette dépendance, estimant que « quand vous bouclez votre budget avec des prêts faits par des gens qui sont majoritairement des étrangers, vous n'êtes pas totalement souverain ». Cette prise de position s'inscrit dans un contexte budgétaire tendu : selon les estimations du Sénat, la charge de la dette devrait atteindre 74 milliards d'euros d'intérêts en 2026, un montant supérieur au budget de l'Éducation nationale. Cependant, plusieurs économistes rappellent que la détention étrangère d'une dette souveraine n'implique pas mécaniquement une perte de souveraineté, dès lors que l'État conserve la maîtrise de sa politique budgétaire et de sa monnaie — ce qui n'est pas le cas de la France, membre de la zone euro. ## Une inquiétude à mettre en perspective La question posée par Philippe Juvin mérite d'être replacée dans un cadre plus large. La dette française bénéficie d'une notation solide et d'une demande soutenue sur les marchés, ce qui témoigne de la confiance des investisseurs. Toutefois, la dépendance à des créanciers étrangers expose le pays aux variations des taux d'intérêt et aux retournements de sentiment des marchés. Le débat sur la souveraineté financière pourrait ainsi continuer d'occuper l'agenda politique dans les mois à venir, d'autant plus que la trajectoire budgétaire française reste sous surveillance étroite de la Commission européenne.