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Algérie: des membres du mouvement kabyle MAK arrêtés pour des soupçons de perturbation des législatives

Monde · · Par Claire BERNARD

Algérie: des membres du mouvement kabyle MAK arrêtés pour des soupçons de perturbation des législatives

# Algérie : des membres du mouvement kabyle MAK arrêtés pour des soupçons de perturbation des législatives Le ministère algérien de la Défense a annoncé, lundi

# Algérie : des membres du mouvement kabyle MAK arrêtés pour des soupçons de perturbation des législatives Le ministère algérien de la Défense a annoncé, lundi 13 juillet, l'arrestation d'un « groupe criminel » composé de six individus appartenant au Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK). Selon des informations rapportées par RFI, quatre de ces individus, qui opéraient dans la région de Tizi-Ouzou, seraient de nationalité marocaine et résideraient illégalement en Algérie. Ils sont accusés d'avoir cherché à perturber le déroulement des élections législatives qui se sont tenues le 2 juillet, sans que des précisions supplémentaires n'aient été apportées sur la nature exacte des actes reprochés. ## Une opération sécuritaire dans un contexte politique tendu ### ### Des arrestations dans la région de Tizi-Ouzou D'après les déclarations du ministère de la Défense algérien, relayées par RFI, l'opération a permis l'interpellation de six membres présumés du MAK, dont quatre ressortissants marocains en situation irrégulière sur le territoire algérien. La région de Tizi-Ouzou, bastion historique de la mouvance kabyle, a été le théâtre de ces arrestations. Les autorités évoquent un « groupe criminel » sans pour autant détailler les éléments matériels qui auraient motivé cette qualification. Les législatives du 2 juillet, qui ont vu une large victoire des partis favorables au président Abdelmadjid Tebboune, se sont déroulées dans un climat de tensions politiques et sécuritaires. ### ### Le MAK, un mouvement classé comme « terroriste » par Alger Le Mouvement pour l'autodétermination de la Kabylie (MAK), fondé en 2001, revendique une autonomie politique et culturelle pour la région kabyle, située au nord-est de l'Algérie. Considéré comme une organisation « terroriste » par les autorités algériennes depuis 2021, le MAK est régulièrement accusé de liens avec des puissances étrangères, notamment le Maroc, dans un contexte de rivalité diplomatique entre Alger et Rabat. Selon des sources gouvernementales algériennes, plusieurs de ses membres auraient été impliqués dans des actions de déstabilisation, bien que ces allégations soient contestées par des organisations de défense des droits humains. ## Des accusations sans précédent dans le contexte électoral ### ### Des soupçons de perturbation des législatives Les six individus interpellés sont accusés d'avoir planifié des actions visant à « perturber le bon déroulement des législatives » du 2 juillet. Le ministère de la Défense n'a cependant pas fourni de précisions sur la nature de ces actions présumées, ni sur les preuves recueillies. Cette opération intervient alors que le gouvernement algérien avait multiplié les mesures de sécurisation du scrutin, déployant des forces de l'ordre supplémentaires dans les régions sensibles, dont la Kabylie. Selon des observateurs, ces arrestations pourraient également servir à justifier un durcissement de la répression à l'encontre des mouvements autonomistes et séparatistes. ### ### Des implications diplomatiques potentielles La présence présumée de quatre ressortissants marocains parmi les personnes arrêtées soulève des interrogations sur les implications diplomatiques de cette affaire. Les relations entre l'Algérie et le Maroc, déjà marquées par une rupture officielle en août 2021, demeurent extrêmement tendues. Alger accuse régulièrement Rabat de soutenir le MAK, une allégation que le Maroc dément formellement. Selon des sources diplomatiques, cette arrestation pourrait exacerber les tensions bilatérales, d'autant plus que les autorités algériennes n'ont pas précisé si une procédure de rapatriement ou d'extradition était envisagée pour les suspects marocains. ## Un précédent judiciaire et des questions en suspens ### ### Le sort des personnes arrêtées Les six individus interpellés ont été placés en détention provisoire, en attendant les résultats de l'enquête menée par les autorités judiciaires algériennes. Selon des sources proches du dossier, ils pourraient être poursuivis pour « appartenance à un groupe terroriste », « entrée illégale sur le territoire national » et « tentative de déstabilisation des institutions ». Des organisations de défense des droits humains, comme Amnesty International, ont appelé à ce que leur procès respecte les standards internationaux en matière de justice équitable, rappelant que plusieurs militants kabyles ont été condamnés dans des conditions controversées par le passé. ### ### Des zones d'ombre persistantes Plusieurs questions demeurent sans réponse à ce stade. Les autorités n'ont pas précisé si les suspects avaient été placés sous surveillance avant les élections, ni si d'autres membres du MAK étaient activement recherchés. Par ailleurs, l'absence de détails concrets sur les « perturbations » envisagées nourrit les interrogations sur la solidité des accusations portées. Selon des analystes, cette opération pourrait s'inscrire dans une stratégie plus large de contrôle politique, visant à dissuader toute contestation dans une région historiquement méfiante envers le pouvoir central. Alors que l'enquête se poursuit, cette affaire illustre les tensions persistantes entre l'État algérien et les mouvements autonomistes kabyles, dans un contexte où la sécurité nationale est érigée en priorité absolue par les autorités. Les prochains développements judiciaires et diplomatiques détermineront si ces arrestations constituent un simple fait divers sécuritaire ou le signe d'une escalade répressive plus large.