Onyx Infos

Alexandre Saboundjian, CEO de Winamp – 25/06

Economie · · Par Julie MOREAU

Alexandre Saboundjian, CEO de Winamp – 25/06

Winamp attaque Nvidia en justice : le streaming musical face à l’IA générative Le 25 juin, Alexandre Saboundjian, CEO de Winamp, a détaillé sur BFM Business les

Winamp attaque Nvidia en justice : le streaming musical face à l’IA générative

Le 25 juin, Alexandre Saboundjian, CEO de Winamp, a détaillé sur BFM Business les motivations de la plainte déposée par son entreprise contre Nvidia. L’objet du litige ? L’utilisation présumée du catalogue musical de Winamp pour entraîner des modèles d’intelligence artificielle sans autorisation. Une action qui interroge les frontières du droit d’auteur à l’ère des algorithmes génératifs.

### Une plainte ciblée contre le géant des puces

Alexandre Saboundjian, invité de François Sorel dans l’émission Tech & Co, la quotidienne, a précisé les contours de cette attaque en justice. Winamp accuse Nvidia d’avoir puisé dans son vaste répertoire musical pour nourrir ses systèmes d’IA, sans licence ni compensation. Selon les informations partagées sur BFM Business, le CEO a souligné que cette pratique, si elle était avérée, violerait les droits patrimoniaux des ayants droit. La plainte vise à obtenir la cessation de ces usages et des dommages-intérêts. Nvidia, de son côté, n’a pas encore communiqué officiellement sur le fond de l’affaire.

Cette action s’inscrit dans un contexte plus large de tensions entre créateurs et géants technologiques. Plusieurs artistes et labels ont déjà engagé des procédures similaires contre des entreprises développant des IA génératives, notamment dans le domaine de l’image et du texte. Le cas de Winamp est toutefois singulier : la plateforme, emblématique des débuts du streaming dans les années 2000, dispose d’un catalogue riche de plusieurs dizaines de millions de titres, ce qui en ferait une source potentiellement précieuse pour l’apprentissage automatique.

### Les enjeux juridiques et économiques du procès

Au-delà du cas particulier, cette affaire soulève des questions fondamentales pour l’industrie musicale. L’entraînement des IA nécessite des volumes massifs de données, et les œuvres protégées par le droit d’auteur sont souvent utilisées sans consentement explicite. Alexandre Saboundjian a insisté sur la nécessité de clarifier le cadre légal, estimant que « l’innovation ne doit pas se faire au détriment des créateurs ». Selon lui, Winamp cherche moins à bloquer la technologie qu’à établir des règles de partage équitable de la valeur.

Les implications financières sont considérables. Si la justice donne raison à Winamp, cela pourrait contraindre Nvidia et d’autres acteurs à négocier des licences avec les ayants droit, augmentant ainsi le coût de développement des modèles d’IA. À l’inverse, une décision défavorable risquerait de fragiliser la protection des catalogues musicaux face à l’exploitation non autorisée. Le verdict de ce procès, dont la date d’audience n’a pas encore été fixée, sera scruté de près par les professionnels du secteur.

### Une défense de la propriété intellectuelle dans l’ère numérique

Alexandre Saboundjian a également profité de son passage sur BFM Business pour rappeler la stratégie de Winamp. Après avoir été relancée en 2018, la plateforme tente de se repositionner comme un acteur incontournable du streaming de qualité, misant sur la fidélité sonore et le respect des artistes. L’action en justice contre Nvidia s’inscrit dans cette logique : défendre un modèle économique fondé sur la rémunération des créateurs.

Le CEO a toutefois nuancé son propos en indiquant que Winamp n’est pas opposé à l’intelligence artificielle en soi. Il a cité des projets internes utilisant l’IA pour améliorer la recommandation musicale ou la restauration de fichiers audio anciens. Mais, a-t-il insisté, ces usages doivent être encadrés par des contrats clairs et une rémunération juste. Cette position place Winamp à la croisée des chemins : entre innovation technologique et protection des droits historiques.

Conclusion : un précédent potentiel pour l’industrie musicale

Le procès intenté par Winamp contre Nvidia pourrait faire date. En portant la question de l’entraînement des IA sur catalogue musical devant les tribunaux, Alexandre Saboundjian oblige le secteur à clarifier ses règles. Quelle que soit l’issue, cette affaire illustre la tension croissante entre progrès technique et propriété intellectuelle. Pour les ayants droit, l’enjeu est clair : s’assurer que l’IA ne devienne pas un nouveau vecteur d’exploitation sans contrepartie. Le débat, lui, ne fait que commencer.