Onyx Infos

Alerte sur la dépendance mondiale à l'uranium russe

Economie · · Par Julie MOREAU

Alerte sur la dépendance mondiale à l'uranium russe

## Uranium : une dépendance mondiale sous haute tension L'approvisionnement mondial en uranium enrichi fait l'objet d'une vigilance accrue. Selon les informatio

## Uranium : une dépendance mondiale sous haute tension L'approvisionnement mondial en uranium enrichi fait l'objet d'une vigilance accrue. Selon les informations relayées par BFM Business, plusieurs observateurs économiques alertent sur la dépendance persistante de nombreux pays — dont la France — aux livraisons d'uranium d'origine russe. Ce sujet, longtemps discret dans le débat public, s'invite désormais dans les discussions sur la souveraineté énergétique, alors que le prix du gaz a atteint son plus haut niveau depuis janvier 2023, selon la même source. ## Une dépendance structurelle difficile à rompre La Russie figure parmi les premiers producteurs mondiaux d'uranium enrichi, et une part significative des réacteurs civils européens et américains dépend encore de ses capacités d'enrichissement. Cette situation s'explique par un tissu industriel spécialisé, dont la reconstruction en Europe prendrait plusieurs années et nécessiterait des investissements lourds. Le coût de substitution, tant en infrastructures qu'en délais, constitue un frein majeur pour les opérateurs, qui doivent composer avec des contrats de long terme souvent signés avant les tensions géopolitiques récentes. ## Un contexte énergétique sous pression Cette alerte intervient dans un climat déjà tendu sur les marchés de l'énergie. Le prix du gaz au plus haut depuis janvier 2023 illustre la volatilité persistante des approvisionnements. Dans ce cadre, la question de l'électrification est présentée par l'exécutif français comme un levier pour « assurer notre souveraineté », selon les propos d'Eléonore Caroit, ministre déléguée auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, rapportés par BFM Business. Or, cette stratégie suppose un accès sécurisé au combustible nucléaire, ce qui rend la question de l'uranium d'autant plus stratégique. ## Des alternatives à construire Plusieurs pistes sont évoquées par les spécialistes : diversification des fournisseurs (Canada, Kazakhstan, Australie), relance des capacités d'enrichissement européennes, et développement du recyclage du combustible. Ces solutions exigent toutefois du temps et des arbitrages budgétaires importants. À court terme, la dépendance résiduelle à l'uranium russe pourrait maintenir une vulnérabilité structurelle pour les pays importateurs, malgré les annonces politiques visant à réduire cette exposition. La question rejoint celle, plus large, du pouvoir d'achat et de la fiscalité énergétique, alors que le gouvernement ferme pour l'instant la porte à une baisse de la fiscalité sur les carburants, et que des élus de tous bords — Matthieu Valet (RN), Jad Zahab (Renaissance) ou Céline Imart (LR) — multiplient les propositions sur les aides ciblées. La sécurité d'approvisionnement en uranium s'inscrit donc dans un débat économique global, où se croisent souveraineté, prix de l'énergie et compétitivité industrielle. Reste à savoir si les engagements annoncés se traduiront par des actes. La trajectoire dépendra autant des décisions politiques que de la capacité des industriels à reconstruire, en Europe, une chaîne d'enrichissement autonome.