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Airbus songe à vendre ses activités spatiales aux États-Unis pour se concentrer en priorité sur la création d'un leader paneuropéen avec Thales et Leonardo (et faire face à Space X et la concurrence chinoise)

Economie · · Par Julie MOREAU

Airbus songe à vendre ses activités spatiales aux États-Unis pour se concentrer en priorité sur la création d'un leader paneuropéen avec Thales et Leonardo (et faire face à Space X et la concurrence chinoise)

Airbus envisagerait de céder ses activités spatiales américaines afin de concentrer ses efforts sur la création d’un champion paneuropéen des satellites, en par

Airbus envisagerait de céder ses activités spatiales américaines afin de concentrer ses efforts sur la création d’un champion paneuropéen des satellites, en partenariat avec Thales et Leonardo. Cette stratégie, rapportée par le Financial Times ce samedi 29 août, viserait à renforcer la compétitivité européenne face à SpaceX et à la concurrence chinoise. ## Un désengagement progressif des États-Unis Selon les informations du quotidien économique britannique, l’avionneur franco-allemand évaluerait actuellement l’intérêt manifesté par des acquéreurs potentiels pour ses systèmes spatiaux outre-Atlantique. Ces actifs comprennent une usine située en Floride, à Merritt Island, ainsi que la gamme de petits satellites « Arrow », capable d’être produite en série pour des applications de communication et d’imagerie, tant commerciales que gouvernementales, y compris pour des besoins liés à la sécurité nationale. Cette cession potentielle s’inscrirait dans une logique de recentrage géographique. Le Financial Times rapporte qu’Airbus rapatrie depuis quelque temps sa production de satellites en Europe, après l’avoir délocalisée aux États-Unis. L’entreprise prévoit notamment de construire 440 satellites en orbite terrestre basse dans son usine de Toulouse, une initiative qualifiée de « nouvelle avancée pour la souveraineté européenne ». Ces commandes émanent de la société française Eutelsat, qui a racheté la société britannique OneWeb après sa mise en difficulté. ## Un historique récent marqué par le rachat d’AOS En janvier 2024, Airbus était devenu l’unique propriétaire d’Airbus OneWeb Satellites (AOS) et de l’usine de fabrication de satellites de Merritt Island, après avoir racheté à Eutelsat-OneWeb la participation de 50 % de l’opérateur dans leur coentreprise. AOS, créée en 2016, a construit plus de 600 satellites de communication en orbite basse pour la constellation OneWeb de première génération, indiquait Airbus au moment de l’acquisition. La vente de ces actifs américains permettrait à Airbus de se défaire d’une partie de son empreinte industrielle aux États-Unis, tout en libérant des ressources financières et managériales pour le projet de fusion tripartite avec Thales et Leonardo. Cette opération, si elle aboutissait, donnerait naissance à un leader paneuropéen du secteur des satellites, capable de peser face aux géants américains et chinois. ## Un enjeu de souveraineté et de compétitivité Le rapprochement entre Airbus, Thales et Leonardo répondrait à une double logique : industrielle d’abord, avec des chaînes de production rationalisées et des coûts mutualisés ; stratégique ensuite, avec une capacité accrue à répondre aux appels d’offres institutionnels européens dans le domaine spatial. La souveraineté européenne en matière de satellites de communication et d’observation est devenue un enjeu majeur, alors que les constellations privées comme Starlink de SpaceX dominent le marché. Airbus, de son côté, continue par ailleurs de miser sur le transport aérien : l’entreprise prévoit un doublement de la flotte mondiale d’avions d’ici 2045, selon des données communiquées en juillet dernier. Cette perspective de croissance à long terme justifierait une concentration des investissements sur le cœur de métier aéronautique, au détriment d’activités spatiales jugées moins stratégiques outre-Atlantique. ## Une issue encore incertaine À ce stade, aucune décision définitive n’a été annoncée par Airbus. L’évaluation de l’intérêt des acquéreurs potentiels n’en est qu’à ses débuts, et les modalités d’une éventuelle cession restent à définir. Le montant de l’opération n’a pas été divulgué, pas plus que le calendrier envisagé. Les discussions avec Thales et Leonardo, si elles se confirment, devront également obtenir le feu vert des autorités de concurrence européennes. Cette manœuvre s’inscrirait dans un mouvement plus large de consolidation du secteur spatial européen, confronté à des investissements massifs de la part des acteurs privés américains et à la montée en puissance des programmes chinois. L’issue de ces négociations sera suivie de près par les industriels et les gouvernements européens, conscients des enjeux de souveraineté technologique qui y sont liés.