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Le cancer du sein d'une ancienne hôtesse de l'air d'Air France a été reconnu comme maladie professionnelle par le pôle social du tribunal judiciaire de Bayonne,
Le cancer du sein d'une ancienne hôtesse de l'air d'Air France a été reconnu comme maladie professionnelle par le pôle social du tribunal judiciaire de Bayonne, une décision qualifiée de première en France. Sophie Lainault, qui a exercé pendant trente ans au sein de la compagnie nationale, a vu son dossier examiné au regard de ses conditions de travail, notamment le travail de nuit, l'exposition aux rayonnements ionisants et le tabagisme passif.
## Une reconnaissance fondée sur des arguments scientifiques et professionnels
Le tribunal judiciaire de Bayonne a entendu les arguments de Sophie Lainault, qui a consacré trois décennies de sa carrière à Air France en tant qu'hôtesse de l'air. Les horaires de nuit réguliers, l'exposition prolongée aux rayonnements ionisants en altitude et le tabagisme passif subi dans les cabines ont été retenus comme des facteurs déterminants dans le développement de sa pathologie. Cette décision s'appuie sur des études épidémiologiques qui établissent un lien entre ces expositions professionnelles et l'augmentation du risque de cancer du sein chez les personnels navigants.
Selon les informations rapportées par BFM Business, cette décision constitue une avancée significative pour la reconnaissance des risques professionnels spécifiques au secteur aéronautique. Les personnels navigants commerciaux sont exposés à des niveaux de rayonnements ionisants plus élevés que la population générale, du fait de l'altitude de croisière des appareils, un paramètre désormais pris en compte par la juridiction.
## Un précédent qui pourrait faire jurisprudence dans le secteur aérien
Cette reconnaissance intervient dans un contexte où les compagnies aériennes font face à des demandes croissantes de prise en compte des risques sanitaires liés aux métiers du transport aérien. Le cas de Sophie Lainault pourrait ouvrir la voie à d'autres démarches similaires de la part de personnels navigants atteints de pathologies potentiellement liées à leurs conditions d'exercice. Les compagnies aériennes, et Air France en particulier, devront probablement renforcer leurs dispositifs de prévention et de suivi médical pour leurs équipages.
La décision du tribunal de Bayonne s'inscrit dans une jurisprudence européenne qui tend à reconnaître plus largement les maladies professionnelles liées aux métiers de l'air. Plusieurs pays, notamment les États-Unis et le Canada, ont déjà établi des présomptions de lien entre le cancer du sein et l'exercice du métier de personnel navigant.
## Un enjeu de santé publique pour les personnels navigants
Au-delà du cas individuel, cette décision soulève la question plus large de la surveillance sanitaire des salariés du transport aérien. Les personnels navigants cumulent plusieurs facteurs de risque : perturbations des rythmes circadiens, exposition aux rayonnements cosmiques, qualité de l'air en cabine. Les études menées depuis les années 2000 sur les cohortes de personnel navigant ont montré une incidence accrue de certains cancers, dont le cancer du sein chez les femmes.
Les syndicats de personnels navigants pourraient s'appuyer sur cette décision pour réclamer un meilleur suivi médical et une reconnaissance plus systématique des pathologies professionnelles dans le secteur. La question du tabagisme passif, bien que moins prégnante depuis l'interdiction de fumer à bord dans les années 2000, reste un marqueur des conditions de travail historiques des hôtesses et stewards.
Cette décision judiciaire marque une étape dans la reconnaissance des risques professionnels du secteur aérien et pourrait inciter les autorités sanitaires à renforcer les protocoles de surveillance des personnels navigants. Pour Sophie Lainault, cette reconnaissance ouvre droit à une indemnisation et à une prise en charge au titre de la législation sur les maladies professionnelles, un aboutissement après des années de procédure.