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Air&Défense - Thales déploie Hexaforce, son nouveau système de commandement militaire - 25/09

Economie · · Par Julie MOREAU

Air&Défense - Thales déploie Hexaforce, son nouveau système de commandement militaire - 25/09

## Thales lance Hexaforce, un défi souverain face à Palantir Le groupe français Thales a déployé Hexaforce, un nouveau système de commandement et de contrôle (C

## Thales lance Hexaforce, un défi souverain face à Palantir Le groupe français Thales a déployé Hexaforce, un nouveau système de commandement et de contrôle (C2) multi-domaine destiné aux forces de l'Otan, selon les informations rapportées par BFM Business dans son émission Air&Défense du 25 septembre. Cette solution, présentée comme souveraine, vise à organiser les opérations militaires sur le terrain et à concurrencer directement Palantir, dont le système équivalent a déjà été adopté par l'Alliance atlantique. ## Un outil conçu pour croiser des milliers de données Selon la source, Hexaforce serait capable de croiser des milliers de données en quelques secondes afin d'aider les militaires à prendre les meilleures décisions. Cette capacité de traitement rapide constitue, d'après BFM Business, l'un des arguments centraux du système, présenté comme « ultra-performant ». Dans un contexte opérationnel où la masse d'informations disponibles explose — images satellites, renseignement humain, signaux électroniques, données de capteurs — la capacité à agréger et hiérarchiser ces flux en temps réel devient un enjeu stratégique majeur. Le système s'inscrit dans la catégorie des outils de commandement et de contrôle multi-domaine, c'est-à-dire capables de coordonner des opérations terrestres, navales, aériennes, spatiales et cyber. Cette approche intégrée répond à une évolution doctrinale observée chez plusieurs armées occidentales, qui cherchent à décloisonner leurs différents milieux d'intervention pour gagner en réactivité. ## La question de la souveraineté au cœur des enjeux La question posée par BFM Business est explicite : assiste-t-on « enfin » à l'émergence d'une solution souveraine viable pour le commandement militaire français ? Derrière cette interrogation se profile un enjeu industriel et politique de premier plan. L'adoption par l'Otan d'un système américain — en l'occurrence celui de Palantir — soulève des questions sur la dépendance technologique des Européens vis-à-vis des États-Unis dans un domaine aussi sensible que le commandement militaire. Thales, acteur historique de l'électronique de défense, cherche donc à positionner Hexaforce comme une alternative crédible. Le groupe français dispose d'une expérience reconnue dans les systèmes d'information opérationnels et les communications sécurisées, ce qui pourrait constituer un avantage dans les appels d'offres à venir. La concurrence avec Palantir, valorisée plusieurs dizaines de milliards de dollars en Bourse, s'annonce toutefois rude, tant l'entreprise américaine a su s'imposer auprès des institutions de défense occidentales. ## Un marché du C2 en pleine recomposition Le déploiement d'Hexaforce intervient dans un contexte de réarmement marqué en Europe, où les budgets de défense augmentent sensiblement depuis plusieurs années. Les industriels du secteur, qu'ils soient européens ou américains, se livrent une concurrence intense sur le segment des systèmes de commandement, considéré comme stratégique car il conditionne l'interopérabilité des forces. L'émission Air&Défense de BFM Business, consacrée aux enjeux industriels de l'aéronautique, du spatial et de la défense, suit régulièrement ces thématiques. Elle a notamment abordé, les semaines précédentes, la place de Charleroi comme nouveau cœur industriel du spatial européen, ainsi que les défis du passage à l'échelle dans le secteur spatial. Ces sujets traduisent une même préoccupation : comment l'Europe peut-elle conserver une supériorité technologique dans un environnement géopolitique de plus en plus complexe ? La réussite d'Hexaforce dépendra de sa capacité à convaincre les états-majors de son efficacité opérationnelle, mais aussi de la volonté politique des États européens à privilégier des solutions continentales. Le dossier reste ouvert.