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Afrique du Sud: marche xénophobe contre les étrangers, le pouvoir Ramaphosa sous pression

Monde · · Par Claire BERNARD

Afrique du Sud: marche xénophobe contre les étrangers, le pouvoir Ramaphosa sous pression

L'Afrique du Sud est actuellement secouée par une série de manifestations xénophobes qui mettent en lumière des tensions grandissantes au sein de la société. De

L'Afrique du Sud est actuellement secouée par une série de manifestations xénophobes qui mettent en lumière des tensions grandissantes au sein de la société. Depuis le 25 avril 2026, des groupes de manifestants s'en prennent aux étrangers, principalement originaires d'autres pays africains, qu'ils accusent d'être en situation irrégulière. Cette montée de la violence et de l'intimidation a contraint le gouvernement de Cyril Ramaphosa à faire face à une crise qui semble lui échapper, alors que des incidents violents se multiplient sur le territoire. Le 2 mai 2026, plusieurs rassemblements ont été organisés à Pretoria, et l'un des groupes a notamment manifesté devant le bureau de la présidence. Ces événements suscitent des inquiétudes croissantes quant à la sécurité des ressortissants étrangers vivant en Afrique du Sud. Des incidents d'intimidation ont été signalés, y compris un cas impliquant un citoyen ghanéen qui a conduit le ministre des Affaires étrangères du Ghana à convoquer l'ambassadeur sud-africain à Accra. "La violence ne peut jamais être une solution", a déclaré le ministre ghanéen, exprimant ainsi l'urgence de la situation. La colère des manifestants trouve son origine dans une perception de concurrence déloyale sur le marché de l'emploi. De nombreux Sud-Africains estiment que les étrangers prennent leurs emplois, ce qui exacerbe les tensions déjà présentes dans un contexte économique difficile. Des témoignages recueillis par RFI révèlent que les travailleurs étrangers, souvent maltraités, vivent dans la peur constante de représailles, renforçant ainsi un climat d'hostilité qui s'enracine dans une histoire complexe de migration et d'intégration, aggravée par des problèmes socio-économiques persistants. Les organisations de défense des droits humains ne restent pas silencieuses face à cette montée des violences. Amnesty International a exprimé son indignation et a appelé le gouvernement à assurer la protection de tous les citoyens, indépendamment de leur origine. La pression sur le gouvernement Ramaphosa est immense, car chaque jour qui passe semble apporter son lot de nouveaux incidents de violence. Les conséquences de ces agissements pourraient également dépasser les frontières sud-africaines, alimentant un ressentiment qui se propage à d'autres pays du continent africain. Face à cette épreuve, les autorités sud-africaines se retrouvent confrontées à un véritable dilemme. D'un côté, elles doivent répondre aux préoccupations de la population concernant l'emploi et la sécurité. De l'autre, elles sont tenues de garantir la protection des étrangers, souvent victimes de discriminations. Cette dualité pourrait fragiliser la position de Ramaphosa, déjà mise à mal par des attentes contradictoires entre sa population et les impératifs de la diplomatie régionale. Les tensions se cristallisent autour d'un sentiment d'abandon ressenti par certaines franges de la population. La désillusion face à la situation économique du pays nourrit un climat de frustration croissant. Dans ce contexte, les discours populistes semblent gagner en popularité, alimentant une spirale de haine qui menace la cohésion sociale. Bien que ce phénomène ne soit pas nouveau, il prend aujourd'hui une ampleur inquiétante, avec des groupes extrémistes qui semblent renforcer leur influence. Pour éviter une escalade de la violence, des actions concrètes s'imposent. Les autorités doivent s'engager dans un dialogue constructif avec les communautés, afin de désamorcer les tensions et de promouvoir une coexistence pacifique. Les défis à relever sont considérables, mais il est essentiel de restaurer la confiance et de garantir la sécurité de tous les résidents, qu'ils soient nationaux ou étrangers. Dans un pays marqué par des blessures historiques et des défis contemporains, la quête d'une solution juste et équitable est plus cruciale que jamais.