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Afghanistan: cinq ans après le retour au pouvoir des talibans, les femmes toujours plus exclues de la société

Monde · · Par Claire BERNARD

Afghanistan: cinq ans après le retour au pouvoir des talibans, les femmes toujours plus exclues de la société

Cinq ans après la prise de Kaboul par les talibans le 15 août 2021, la condition des femmes afghanes s'est considérablement dégradée, malgré les engagements ini

Cinq ans après la prise de Kaboul par les talibans le 15 août 2021, la condition des femmes afghanes s'est considérablement dégradée, malgré les engagements initiaux en faveur de l'égalité. Selon des informations rapportées par RFI, les nouvelles autorités ont progressivement dépouillé les femmes de leurs libertés fondamentales, reléguant ces dernières au rang de citoyennes de seconde zone. Cette évolution, loin de s'atténuer avec le temps, semblerait s'accentuer de jour en jour, suscitant l'inquiétude des observateurs internationaux. ## Une promesse d'égalité rapidement abandonnée À leur arrivée au pouvoir, les talibans avaient publiquement affirmé leur intention de respecter les droits des femmes, dans le cadre de la charia. Cependant, d'après les faits rapportés par les médias internationaux, cette promesse n'aura été que de courte durée. Dès les premières semaines, des restrictions majeures ont été imposées, notamment dans les espaces publics et institutionnels. Les femmes ont été exclues de nombreux postes administratifs et leur accès à l'éducation secondaire et universitaire a été progressivement restreint, puis interdit dans la plupart des provinces. Ces mesures, appliquées de manière hétérogène selon les régions, traduisent une volonté politique de contrôle social accru, selon plusieurs rapports d'organisations non gouvernementales. ## Une exclusion systémique de la vie publique Par ailleurs, la participation des femmes à la vie publique a été drastiquement réduite. Les parcs, les salles de sport, les salons de beauté et autres lieux de sociabilité ont été fermés aux femmes ou soumis à des conditions d'accès extrêmement strictes. Selon des sources diplomatiques citées par RFI, cette politique d'effacement vise à rendre les femmes invisibles dans l'espace social. En effet, l'obligation de porter la burqa, la règle de non-mixité et l'interdiction de voyager sans accompagnateur masculin constituent autant d'obstacles à leur autonomie. Cette situation a des répercussions directes sur leur santé mentale et physique, bien que les données chiffrées précises restent difficiles à vérifier sur le terrain. ## Des conséquences humanitaires et économiques alarmantes Toutefois, les conséquences de cette exclusion ne se limitent pas au seul domaine des droits civiques. Sur le plan humanitaire, l'interdiction faite aux femmes de travailler dans les organisations non gouvernementales a considérablement entravé l'acheminement de l'aide alimentaire et médicale, notamment auprès des populations féminines vulnérables. D'après des rapports de l'ONU, le pays traverse l'une des pires crises humanitaires au monde, et l'absence de personnel féminin complique l'accès aux soins pour les femmes et les enfants. Cette situation pourrait aggraver la mortalité maternelle et infantile, déjà élevée dans le pays. ## Une communauté internationale impuissante ou indifférente Enfin, la réponse de la communauté internationale demeure mitigée. Si de nombreuses nations ont condamné ces restrictions, aucune mesure coercitive efficace n'a été mise en œuvre pour contraindre les talibans à revenir sur leurs décisions. Les discussions diplomatiques, notamment celles menées à Doha, n'ont pas abouti à des avancées significatives sur ce dossier. Cette impasse laisse présager une poursuite du statu quo, les talibans semblant déterminés à maintenir leur ligne idéologique, quitte à s'isoler davantage sur la scène internationale. La perspective d'une amélioration de la condition féminine en Afghanistan paraît ainsi lointaine, alors que la population subit déjà les affres d'une crise économique et sociale sans précédent.