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Affaire Patrick Bruel : "Il n’est pas le bienvenu à Montpellier"… Michaël Delafosse sans détour quant au concert de l’artiste prévu fin octobre au Zénith

Une · · Par Claire BERNARD

Affaire Patrick Bruel :

Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a explicitement signifié que Patrick Bruel n’était "pas le bienvenu" dans sa ville, à l’approche du concert que l’ar

Le maire de Montpellier, Michaël Delafosse, a explicitement signifié que Patrick Bruel n’était "pas le bienvenu" dans sa ville, à l’approche du concert que l’artiste doit donner fin octobre au Zénith Sud. Cette prise de position intervient alors que le chanteur fait l’objet de nombreuses plaintes pour viol et agression sexuelle, selon des informations rapportées par Midi Libre. La déclaration du premier édile cristallise un malaise grandissant entre la sphère politique locale et la tenue d’un événement culturel majeur de la saison automnale. ## Une opposition municipale fondée sur des plaintes judiciaires D’après les éléments publiés par Midi Libre, Michaël Delafosse justifie son opposition par le contexte judiciaire entourant l’interprète de "Casser la voix". Plusieurs plaintes pour viol et agression sexuelle auraient été déposées à l’encontre de l’artiste, sans qu’aucune condamnation définitive ne soit toutefois intervenue à ce stade. Le maire socialiste de la troisième ville d’Occitanie a souhaité envoyer un signal fort, estimant que la tenue du concert pourrait apparaître comme une forme de banalisation des accusations portées contre le chanteur. Cette position municipale ne constitue pas une interdiction formelle, la compétence en matière de programmation culturelle relevant de l’exploitant de la salle de spectacle. Toutefois, le poids politique d’une telle déclaration pourrait influencer les discussions entre la mairie, les organisateurs et le Zénith de Montpellier. Les contrats de location de la salle, gérée par un délégataire de service public, pourraient en effet être examinés à l’aune de cette prise de position municipale. ## Un précédent dans le paysage culturel français La situation montpelliéraine s’inscrit dans un contexte plus large de débats récurrents sur la place des artistes mis en cause dans des affaires de violences sexuelles au sein des programmations culturelles. Depuis le mouvement #MeToo et ses déclinaisons dans le milieu de la musique, plusieurs municipalités françaises ont dû arbitrer entre liberté artistique, présomption d’innocence et exigence de responsabilité sociétale. Des cas similaires ont été observés dans d’autres grandes métropoles, où des annulations de concerts ont été décidées sous la pression d’associations féministes ou de collectifs citoyens. En l’espèce, la sortie médiatique de Michaël Delafosse pourrait toutefois soulever des questions juridiques. Le principe de présomption d’innocence, garanti par l’article 9 du Code civil et la Convention européenne des droits de l’homme, s’oppose à toute stigmatisation publique fondée sur des accusations non jugées. Les avocats de l’artiste pourraient arguer d’une atteinte à la réputation de leur client, d’autant plus que les concerts de la tournée automnale se déroulent dans plusieurs villes de France sans susciter de telles réactions officielles. ## Les implications pour la tournée et le public montpelliérain La billetterie du Zénith de Montpellier, qui affichait selon les données disponibles un taux de remplissage élevé pour ce type de spectacle, pourrait être affectée par cette polémique. Les spectateurs ayant déjà réservé leurs places se trouvent dans une position délicate, entre l’envie d’assister au concert et la réprobation exprimée par leur édile. Certains pourraient solliciter un remboursement, tandis que d’autres maintiendraient leur présence au nom de la séparation entre l’œuvre et la personne. Par ailleurs, cette affaire pourrait avoir des répercussions sur la politique culturelle de la ville de Montpellier, qui se présente comme une métropole ouverte et progressiste. La gestion de ce dossier par la municipalité sera observée par les autres acteurs culturels locaux, lesquels pourraient craindre un précédent en matière de censure ou de pression politique sur la programmation. Le débat entre responsabilité morale des institutions publiques et liberté de création n’est pas près de trouver une résolution définitive dans le paysage culturel hexagonal.