Affaire Lyhanna : la plainte d’août 2025 n’a «pas été traitée comme une procédure prioritaire», déplore la mission d’inspection

Affaire Lyhanna : la plainte d’août 2025 n’a «pas été traitée comme une procédure prioritaire», déplore la mission d’inspection Près de trois semaines après la
Affaire Lyhanna : la plainte d’août 2025 n’a «pas été traitée comme une procédure prioritaire», déplore la mission d’inspection
Près de trois semaines après la découverte du corps de Lyhanna, une collégienne de 11 ans, un rapport d’inspection très attendu a été déposé lundi sur le bureau du ministre de la Justice, Sébastien Lecornu. Ce document, fruit d’une mission conjointe des ministères de la Justice et de l’Intérieur, entend faire la lumière sur les dysfonctionnements qui ont entouré le traitement de la plainte de la jeune fille, déposée en août 2025 pour viols sur mineure de moins de 15 ans.
Une procédure non prioritaire et des «défaillances» identifiées
Selon des informations rapportées par Le Figaro le 22 juin 2026, le chef de l’Inspection générale de la Justice, Stéphane Noël, a déclaré que la plainte déposée contre Jérôme Barella n’avait «pas été traitée comme une procédure prioritaire» dans le Gers. S’exprimant en rendant compte des premières conclusions de la mission, il a pointé plusieurs «défaillances». «Le rapport objective un cumul de pertes de temps et une absence de suivi de procédure, tant de la part du parquet que de la gendarmerie à l’arrivée de la procédure au parquet d’Auch», a-t-il précisé. Stéphane Noël a toutefois tenu à nuancer son propos : «Il ne s’agit pas de stigmatiser, mais d’objectiver, d’analyser et de donner à comprendre.»
Un traitement jugé «adapté» à Toulouse, mais des retards à Auch
De son côté, le chef de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale, Jean-Michel Gentil, a apporté un éclairage plus contrasté. Il a noté que le traitement initial de la plainte, déposée sur le ressort judiciaire de Toulouse, avait été «adapté, diligent et qualitatif». En revanche, les dysfonctionnements semblent s’être concentrés après le transfert de la procédure au parquet d’Auch, dans le Gers. Cette différence de traitement entre les deux juridictions soulève des questions sur la coordination territoriale des services judiciaires et de gendarmerie, ainsi que sur la gestion des priorités dans les affaires sensibles impliquant des mineurs.
Une mission d’inspection diligentée après la mort de la collégienne
Ce rapport d’inspection avait été diligenté par les ministres Gérald Darmanin (Justice) et Laurent Nuñez (Intérieur) après la découverte du corps de Lyhanna. La jeune fille, âgée de 11 ans, avait porté plainte en août 2025 pour des viols présumés. La mission avait pour objectif de comprendre les raisons pour lesquelles cette plainte n’avait pas été traitée avec la célérité requise, alors même que la législation prévoit des procédures prioritaires pour les violences sexuelles sur mineurs. Les conclusions, bien que partielles, pointent un «cumul de pertes de temps» qui pourrait avoir eu des conséquences tragiques.
Des enjeux de confiance et de réforme en perspective
Alors que l’affaire Lyhanna suscite une vive émotion dans l’opinion publique, ce rapport intervient dans un contexte de tensions récurrentes autour du traitement judiciaire des violences faites aux enfants. Les défaillances identifiées pourraient alimenter les critiques sur la lourdeur administrative et le manque de formation des personnels. À ce stade, les ministres concernés n’ont pas encore annoncé de mesures concrètes, mais le rapport devrait servir de base à une réflexion plus large sur les moyens alloués aux parquets et aux unités de gendarmerie pour traiter ce type de procédures. L’enquête se poursuit pour déterminer les responsabilités individuelles éventuelles.