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Affaire Lyhanna : le père du suspect avait été accusé de viol par l’une de ses petites filles en 2013

Une · · Par Claire BERNARD

Affaire Lyhanna : le père du suspect avait été accusé de viol par l’une de ses petites filles en 2013

Affaire Lyhanna : le père du suspect avait été accusé de viol par l’une de ses petites filles en 2013 Alors que l’émotion suscitée par le meurtre de la jeune Ly

Affaire Lyhanna : le père du suspect avait été accusé de viol par l’une de ses petites filles en 2013

Alors que l’émotion suscitée par le meurtre de la jeune Lyhanna, collégienne de 14 ans, ne retombe pas, de nouvelles révélations viennent alourdir le tableau déjà sombre de cette affaire. Selon des informations obtenues par Le Figaro et confirmées par le parquet général de Montpellier, le père de Jérôme B., principal suspect du meurtre, avait lui-même été visé par une plainte pour viol déposée par l’une de ses petites-filles en 2013. Ce passé judiciaire, resté sans condamnation, relance les interrogations sur les failles des procédures judiciaires et policières qui ont entouré cette famille.

Une plainte pour viols répétés déposée en 2013

D’après les éléments transmis par le parquet général de Montpellier et rapportés par nos confrères de RTL, une enfant, alors âgée de dix à treize ans, avait dénoncé des viols répétés au domicile de son grand-père, J.B., entre 2010 et 2013. La plainte, déposée en 2013, visait directement J.B., le père de Jérôme B., aujourd’hui âgé d’environ 70 ans. L’identité précise de la victime demeure floue : il ne s’agirait pas de la fille de Jérôme B., mais possiblement de celle de son frère, lui-même placé en garde à vue ce lundi pour des faits de « viol » sur son ex-conjointe entre 2007 et 2017. Cette affaire met ainsi en lumière un contexte familial où les violences sexuelles semblent avoir été récurrentes, sans que la justice ne parvienne à les interrompre.

Un non-lieu en 2021 après huit ans de procédure

Malgré la gravité des accusations portées par l’enfant, l’enquête n’a pas abouti à une condamnation. En 2021, soit huit ans après le dépôt de la plainte, J.B. a bénéficié d’un non-lieu. Les proches de l’enfant avaient alors fait appel de cette décision, avant de finalement se désister. Aux yeux de la loi, J.B. est donc aujourd’hui présumé innocent pour ces faits. Cependant, ce non-lieu, intervenu après une procédure particulièrement longue, soulève des questions sur l’efficacité de l’instruction et sur la prise en charge des plaintes pour violences sexuelles intrafamiliales. Le délai de huit ans entre la plainte et la décision finale pourrait avoir contribué à l’essoufflement des parties civiles, qui ont fini par abandonner les poursuites.

Un contexte familial déjà sous les projecteurs

Ces révélations s’inscrivent dans un contexte déjà très chargé autour de la famille B. Jérôme B., le principal suspect du meurtre de Lyhanna, est actuellement en garde à vue. Son frère a également été interpellé pour des faits de viol sur son ex-conjointe. La famille semble donc marquée par un lourd passé de violences sexuelles, ce qui interroge sur la capacité des services de protection de l’enfance et de la justice à détecter et à prévenir ces situations. Selon des sources proches de l’enquête, les gendarmes et les magistrats auraient pu, à plusieurs reprises, croiser les informations et identifier un schéma récurrent de violences, mais cela n’a pas été fait. La polémique sur les défaillances de la justice et de la gendarmerie, qui n’ont pas su protéger Lyhanna, prend ainsi une dimension supplémentaire.

Des failles systémiques pointées du doigt

Depuis six jours, la polémique ne cesse d’enfler autour des manquements qui auraient pu sauver la vie de la collégienne. Les révélations sur le passé judiciaire du père du suspect ne font que renforcer les critiques. Comment expliquer qu’un homme accusé de viol par sa propre petite-fille ait pu, des années plus tard, voir son fils être le principal suspect dans une affaire de meurtre, sans que les services de l’État n’aient établi de lien ? Les associations de défense des droits des enfants dénoncent un système qui, trop souvent, ne prend pas la mesure des violences intrafamiliales. Le parquet général de Montpellier, qui a confirmé les informations du Figaro, n’a pour l’instant pas commenté les éventuelles procédures disciplinaires ou enquêtes internes qui pourraient être ouvertes.

Une affaire qui pourrait faire jurisprudence

L’affaire Lyhanna, par sa dimension tragique et les révélations successives, pourrait bien devenir un cas d’école pour la réforme de la justice des mineurs et de la protection de l’enfance. Les failles identifiées dans cette affaire, qu’il s’agisse du non-lieu accordé au père ou des délais de traitement des plaintes, pourraient inciter les pouvoirs publics à revoir les procédures de signalement et de coordination entre les différents acteurs (gendarmerie, justice, services sociaux). Alors que l’enquête se poursuit, de nombreuses questions restent en suspens. Les proches de la famille B. pourraient être entendus dans les prochains jours, et les investigations devraient permettre de déterminer si d’autres faits, non encore révélés, ont été commis au sein de cette famille. L’opinion publique, elle, attend des réponses et des actes concrets pour que de tels drames ne se reproduisent plus.