Affaire Lyhanna : Mourad Battikh, avocat des petites-filles de Joël Barella, dénonce un système «structurellement défaillant»

# Affaire Lyhanna : Mourad Battikh, avocat des petites-filles de Joël Barella, dénonce un système «structurellement défaillant» Alors que le rapport d'inspectio
# Affaire Lyhanna : Mourad Battikh, avocat des petites-filles de Joël Barella, dénonce un système «structurellement défaillant»
Alors que le rapport d'inspection générale de la justice a été rendu public ce lundi 22 juin, Me Mourad Battikh, avocat de Maëva et Prescyllia — deux jeunes femmes accusant Joël Barella, père de Jérôme Barella, de violences sexuelles commises durant leur enfance —, maintient une pression constante sur le ministère public. Dans un entretien accordé au Figaro, le conseil réclame la réouverture de leurs dossiers et fustige un manque de moyens chronique au sein de l'institution judiciaire.
## Un rapport qui pointe des «erreurs individuelles»
Selon des informations rapportées par Le Figaro, le rapport d'inspection publié ce lundi met en lumière des dysfonctionnements dans le traitement des plaintes pour violences sexuelles sur mineurs. Si le document évoque notamment des «erreurs individuelles» commises par certains magistrats ou enquêteurs, Me Mourad Battikh estime que ces constats ne sauraient masquer un problème plus profond. «Je demande que la justice leur présente des excuses. Comment ? En rouvrant les dossiers et en faisant traduire devant une juridiction celui qui a commis l'irréparable», martèle-t-il auprès du Figaro.
L'avocat des deux jeunes femmes, qui représentent également les petites-filles de Joël Barella, considère que les conclusions du rapport ne vont pas assez loin dans l'analyse systémique des défaillances. Selon lui, les «erreurs individuelles» ne seraient que la partie émergée d'un iceberg bien plus vaste, celui d'une institution structurellement sous-dimensionnée face à l'afflux de plaintes pour violences sexuelles.
## Le parcours judiciaire de Maëva et Prescyllia
Pour rappel, Maëva avait 12 ans lorsqu'elle a déposé plainte en 2018 pour agression sexuelle sur mineure par personne ayant autorité. La procédure avait été classée sans suite en 2020, avant d'être rouverte le 10 juin dernier par le parquet de Béziers, dans le sillage de l'affaire Lyhanna. Ce revirement judiciaire, intervenu après des années de silence administratif, illustrerait selon Me Battikh la capacité du système à «s'auto-corriger» uniquement sous la pression médiatique et publique.
Prescyllia, aujourd'hui âgée de 26 ans, avait quant à elle subi des faits similaires durant son enfance. Les deux jeunes femmes accusent Joël Barella, père de Jérôme Barella, de viols et d'agressions sexuelles. Leur combat judiciaire, porté par leur avocat, s'inscrit dans un contexte plus large de remise en question des pratiques judiciaires en matière de violences sexuelles sur mineurs.
## Un système «structurellement défaillant» selon l'avocat
Me Mourad Battikh dénonce un système qu'il qualifie de «structurellement défaillant», pointant du doigt le manque de moyens alloués aux juridictions spécialisées dans la protection de l'enfance. Selon lui, les «erreurs individuelles» identifiées par le rapport d'inspection ne pourraient être corrigées sans une réforme en profondeur des procédures et des effectifs.
L'avocat réclame également que la justice présente des excuses officielles à ses clientes, marquant ainsi une reconnaissance institutionnelle des souffrances endurées. «Rouvrir les dossiers et traduire devant une juridiction celui qui a commis l'irréparable» constituerait, selon lui, la seule réponse à la hauteur des traumatismes subis par Maëva et Prescyllia.
## Des enjeux qui dépassent le cadre individuel
Au-delà du cas spécifique de ses clientes, Me Battikh estime que l'affaire Lyhanna a agi comme un révélateur des carences du système judiciaire français. La réouverture du dossier de Maëva par le parquet de Béziers, intervenue le 10 juin dernier, pourrait selon lui ouvrir la voie à d'autres réexamens de plaintes classées sans suite.
Le rapport d'inspection générale de la justice, bien que pointant des dysfonctionnements, ne semble pas satisfaire pleinement les attentes des victimes et de leurs avocats. La question du manque de moyens humains et financiers des juridictions spécialisées demeure centrale, tout comme celle de la formation des magistrats et enquêteurs aux spécificités des violences sexuelles sur mineurs.
Alors que le débat public sur la protection de l'enfance connaît un regain d'attention, les propos de Me Mourad Battikh résonnent comme un appel à une refonte structurelle de l'institution judiciaire. La réouverture du dossier de Maëva pourrait constituer un précédent, mais ne saurait, selon l'avocat, suffire à restaurer la confiance des victimes dans un système qu'il juge profondément défaillant.